Sydney 2012

Paris – Sydney

30.9 – 2.10.12

 

Dimanche

Le vol AF 102 pour Guangzhou/Canton décolle à 23h20, ce qui est idéal pour préparer tranquillement ses bagages. Le salon Air France du bâtiment principal du terminal 2E est plein à craquer — plusieurs vols vers l’Asie et l’Amérique latine décollent en effet dans un mouchoir de poche. Le personnel décide d’ouvrir la mezzanine (dont je me souviens qu’elle a servi à une époque de salon pour les voyageurs de première classe), qui n’est ouverte normalement que le matin.

Le 777 immatriculé F-GSPL est équipé des “nouveaux” fauteuils affaires, que je n’avais pas encore expérimentés. Comme prévu, ils sont bien moins confortables que le modèle précédent — et sans doute beaucoup plus légers, à en juger par l’impression de manque de support. Il ne reste que deux boutons (l’un qui allonge le siège, l’autre qui le ramène en position assise), ce qui rend impossibles des réglages un peu fins. Je suis la suggestion de la chef de cabine, adorable, et je m’installe dans la partie centrale, où je n’aurai pas de voisin.

Service du soir, donc sans apéritif.  Je choisis le plat estampillé Guy Martin, le “sauté de poulet à l’orange et maniguette, endives et petits oignons”, qui se révèle assez décevant : les légumes sont succulents, mais le poulet n’a aucun goût et les morceaux sont curieusement découpés, avec des restes d’os à l’intérieur. J’imagine que Guy Martin doit monnayer très cher le droit de faire figurer son nom sur le menu, mais on ne peut pas dire que ça donne très envie d’aller faire un tour au Grand Véfour.

Je dors comme une masse — le manque de sommeil accumulé a des avantages. Mon nouveau masque en soie parfumé à la lavande est très agréable. Je me réveille pile pour le petit-déjeuner, assez quelconque.

 

Lundi

Compte tenu du décalage horaire, il est presque 17h lorsque nous nous posons à Guangzhou, que j’ai du mal à ne pas appeler Canton. L’aéroport affiche clairement sa stratégie de devenir un hub incontournable entre l’Europe et l’Australasie, ce que sa localisation idéale justifie parfaitement. Le circuit de correspondance internationale, bien signalé et fluide, conduit rapidement au salon de China Southern, récemment refait à neuf.

CanloungeJe me force à ne pas manger, histoire de laisser mon système digestif se reposer un peu, mais le buffet semble appétissant. L’étage est plus particulièrement destiné au repos. Je prends une douche dans une petite salle de bains dotée de tout le confort moderne et je me change.

Le service est très attentif et c’est toujours amusant de discuter en anglais avec des Chinoises.

J’ai plusieurs heures à tuer. J’attaque donc la lecture du Lexicon of Musical Invectives de Nicolas Slonimsky, un compendium absolument délicieux de toutes les horreurs écrites par les critiques musicaux sur des compositeurs allant de Beethoven à Bartók ou Chostakovitch. C’est amusant, par exemple, de lire à quelle point la première symphonie de Brahms a pu être décrite comme une monstruosité incompréhensible.   

Vient enfin le moment d’embarquer pour le vol China Southern CZ 325 pour Sydney, effectué sur un Airbus 330 récent immatriculé B-6501. Le siège est confortable et le service est particulièrement attentionné. Pour le dîner, je choisis le plat portant la marque d’un restaurant renommé de Beijing, de la morue poêlée, qui s’avère très bonne. Le plateau de fromage est particulièrement bien fourni, et l’hôtesse rigole quand je lui demande “one of each”.

Je dors moins bien car mes voisins de devant sont un peu bruyants et l’un de leurs casques a des fuites.

 

Mardi

Le petit-déjeuner est servi un peu trop en avance par rapport à l’horaire d’arrivée, mais je ne dors pas vraiment. J’ai choisi les dim sums et je ne le regrette pas : ils sont délicieux.

Avant l’atterrissage, on nous remet une mystérieuse boîte rouge. Comme il semble être question du Boeing 787 sur la boîte, je me dis que ça doit être une maquette, sans chercher à vérifier. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que je m’apercevrai que la boîte contient en fait deux “gâteaux de lune” en l’honneur — bon sang mais c’est bien sûr — du festival de la mi-automne, que j’avais déjà célébré en 2010 à Shanghai.

Pendant l’approche finale, nous survolons le centre de Sydney. Bien que je sois assis au bord du couloir comme d’habitude, je n’ai pas de voisin, ce qui me permet de découvrir le Harbour Bridge, puis, après avoir cherché un peu quand même, l’Opéra.

Je suis le premier à débarquer, et on me remet une carte portant l’inscription “Express Path”. Je suis loin d’imaginer le temps que ça va me faire économiser. Tous les vols pour Sydney doivent arriver à peu près à la même heure, parce qu’il y a littéralement des centaines de gens qui font la queue à l’immigration. La file “Express Path” est vide : elle m’emmène directement à un guichet. Puis ma valise sort parmi les premières tandis que je retire de l’argent au distributeur voisin… et je double à nouveau des douzaines de personnes avec ma carte “Express Path” pour passer la douane.

Mon vol est certes arrivé légèrement en avance par rapport à son horaire théorique de 8h30, mais j’arrive tout juste à attraper le train de 8h48 en direction de Central, le hub ferroviaire de Sydney, très en avance sur mes prévisions. Je suis un peu surpris que les trains qui desservent l’aéroport ne disposent pas d’espaces dédiés au rangement des bagages, mais le trajet jusqu’à Central ne dure que 13 minutes.

La première phase de mon voyage se conclut.

Lien permanent | Commentaires (0)

Reblog (0) | | | | Pin It! | | Envoyer sur Digg | Envoyer sur del.icio.us

Les Blue Mountains

3 – 5.10.12

 

Mardi

J’ai choisi de commencer mes vacances par un court séjour dans la région des Blue Mountains, une zone montagneuse particulièrement pittoresque située à une centaine de kilomètres à l’ouest de Sydney. Des trains partent de Sydney toutes les heures à destination de la ville de Katoomba ou, un peu plus loin, de Lithgow. Comme je suis en avance, je parviens à prendre le train de 9h09 à la gare de Central alors que je visais au mieux celui de 10h09.

Le matériel roulant ressemble étrangement aux trains de banlieue qui sillonnent le New Jersey. En arrivant au pied des Blue Mountains, le train devient plus ou moins omnibus et il commence à grimper doucement alors que le paysage se métamorphose pour laisser place à la végétation abondante qui caractérise la région.

Mon wagon se remplit au fur et à mesure des arrêts. C’est que les Blue Mountains constituent un but de visite majeur pour les touristes comme pour les locaux — je découvre d’ailleurs que nous sommes en période de vacances scolaires. Compte tenu du temps de transport, de l’ordre de 2h, il est tout à fait possible de programmer un aller-retour dans la journée.

La ville de Katoomba se situe à environ 1000 mètres d’altitude. J’y arrive à 11h09 comme prévu. Faute de trouver le bus 686 qui est censé m’emmener jusqu’à mon hôtel (je découvrirai plus tard qu’il s’agit en fait d’une sorte de “tramway” touristique qui coûte une fortune), je me rabats sur un taxi pour parcourir les 2 km qui me séparent de mon hôtel. La course coûte dix dollars, comme toutes les courses de taxi que je ferai par la suite (il y a pourtant un compteur).

J’ai choisi l’hôtel Echoes, l’un de ceux qui offrent une vue panoramique sur la région. Arrivé dans ma chambre (qui porte officieusement le numéro 603, mais dont la porte indique seulement “Bell”, le nom de quelqu’un associé à l’histoire de la région), je suis bien obligé de reconnaître que la publicité n’était pas mensongère. Ma chambre s’ouvre sur un balcon doté d’une vue panoramique époustouflante sur la Jamison Valley avec, au fond, le Mount Solitary et le Narrow Neck Plateau. Presque tout est recouvert de végétation, ce qui est assez inhabituel.

IMG_2533

Je n’ai aucune ambition particulière pour ce premier jour. Je finis par m’allonger sur le canapé, recouvert d’une couette car il ne fait pas très chaud, et je m’endors en admirant le paysage.

J’avais programmé une alarme sur mon téléphone mais je ne l’ai pas entendue. J’ouvre les yeux vers 20h alors que la nuit est tombée et je m’empresse de commander mon dîner auprès du service en chambre — le restaurant ferme en effet à 20h30. Je suis un peu effaré par les prix : il est obligatoire de commander au moins deux plats pour un prix fixe de 85 dollars. En rajoutant la bouteille d’eau (dont l’étiquette dit “Santa Vittoria” bien qu’elle ressemble étonnamment à celle de la Sanpellegrino), les taxes et le pourboire, je paie un peu plus de 100 dollars. Pour des Saint-Jacques et un risotto assez quelconques.

Je ne le sais pas encore, mais je vais passer une partie de mon séjour à être impressionné par les prix pratiqués, en particulier dans les zones touristiques. Mon hôtel est un peu isolé et il en profite. Je suis pour ma part bien décidé à dîner ailleurs les nuits suivantes.

Après le dîner, je n’ai aucun problème à me rendormir lourdement jusqu‘au matin malgré ma sieste de l’après-midi. Je me réveille une fois pendant la nuit parce qu’il fait vraiment très froid ; j’en profite pour rajouter une couverture par dessus ma couette.

 

Mercredi

C’est un plaisir de redécouvrir la vue en ouvrant mes rideaux.

Le petit-déjeuner est servi dans la véranda qui prolonge le restaurant, à l’étage. La vue y est également à couper le souffle. Le choix est ample et le café (qui s’appelle Vittoria, lui aussi) est délicieux. Je suis encore une fois impressionné par le prix des suppléments chauds que personne, d’ailleurs, ne semble commander. Il y a de toute façon largement de quoi se rassasier sur le buffet.

Je décide de commencer ma journée par la visite d’une attraction voisine dénommée Scenic World. Après une tentative infructueuse — avec l’aide du réceptionniste de l’hôtel — pour localiser le fameux bus 686 (qui, décidément, me résiste), je me replie sur un taxi. Dix dollars, donc. Je me rendrai compte plus tard que j’aurais pu assez facilement y aller à pied.

Moyennant un prix d’entrée somme toute assez raisonnable (29 dollars), Scenic World donne accès à deux téléphériques, un train et une promenade aménagée au sein de la rainforest (forêt humide) qui prospère dans la vallée, du côté abrité de la colline.

P1020076Je commence par un aller-retour sur le Skyway. À 270 mètres au-dessus de la vallée, c’est semble-t-il le téléphérique le plus haut d’Australie. Le point de vue est idéal pour découvrir le massif le plus connu des Blue Mountains, les Three Sisters (Trois sœurs), que l’on ne voit pas depuis mon hôtel. On peut également voir un rocher similaire mais isolé, appelé Orphan Rock (le Rocher orphelin) ainsi que les chutes d’eau de Katoomba. La particularité du Skyway est qu’une partie du sol est en verre… ce qui permet de profiter d’une vue proprement vertigineuse sur la vallée.

Je démarre ensuite le circuit consistant à descendre dans la vallée avec un train, le “Scenic Railway”, pour rejoindre une promenade dans la forêt, le “Scenic Walkway”, avant de remonter au point de départ par un autre téléphérique, le “Scenic Cableway”. On peut bien sûr choisir son sens de parcours comme on l’entend.

P1020081Le train est l’héritier d’un système qui avait été construit à l’époque où la région abritait une exploitation minière. La voie a la particularité d’être inclinée à 52 degrés : la descente fait plus penser à une attraction à sensations fortes qu’à un voyage pépère en train. Comme les “gares” sont en cours de réfection, on accède au train par ce qui ne peut être décrit que comme un échafaudage accroché dans le vide. Bien accroché, manifestement, mais quand-même… Moi qui n’aime pas les échafaudages, je suis étonné par la façon dont les visiteurs de tous âges et de toutes capacités physiques s’y promènent sans arrière-pensée apparente.

P1020109La promenade dans la forêt est éminemment plaisante. Des passerelles en bois ont été aménagées au milieu des arbres ; plusieurs itinéraires sont possibles, de 10 minutes à une heure environ. Je choisis le plus long. La température est très agréable ; je ne croise pas grand monde. Je remonte par le Cableway et je m’aperçois qu’il a été fabriqué… à Thoune, où je me trouvais récemment. Tous les équipements de Scenic World semblent d’ailleurs provenir de Suisse.

Je fais une pause café. En Australie, le choix par défaut est le flat white, aussi joli à regarder qu’il est imbuvable pour moi à qui le goût du lait dans le café soulève le cœur. Pour avoir un vrai café un peu long, il faut demander un long black… ce que savent tous les Londoniens (du moins ceux qui ne se cantonnent pas à Starbucks) car beaucoup d’échoppes à café londoniennes sont tenues par des Australiens. 

P1020134Je décide de rentrer à l’hôtel par le chemin des écoliers en parcourant une portion du Prince Henry Cliff Walk, un sentier plus que sympathique aménagé le long de la falaise qui permet de multiplier les points de vue sur la vallée. Je fais un petit détour pour aller voir une cascade en amont des chutes de Katoomba avant de marcher tranquillement en direction d’Echo Point, une grande plate-forme d’observation aménagée à proximité de mon hôtel et d’où la vue panoramique sur la vallée est bluffante.

Il reste un bout de chemin pour aller jusqu’aux Three Sisters, mais je commence à fatiguer un peu et je décide de retourner doucement vers l’hôtel après avoir savouré un délicieux sorbet poire / citron.

J’ai finalement passé une bonne partie de la journée à l’extérieur. Vers 18h, je ressors pour me mettre en quête d’un endroit où dîner. Je marche en direction du “centre-ville” de Katoomba, qui n’est pas tout à fait à côté de l’hôtel. En cours de route, il faut grimper une côte assez redoutable. À mi-chemin du sommet, je tombe sur le Canton Palace, un restaurant chinois. Comme certains muscles inconnus de mes jambes sont en train de me rappeler violemment leur existence, je suis tenté de m’arrêter. Mais je rassemble mon courage et poursuis l’ascension.

Arrivé au sommet, je m’arrête au premier restaurant qui apparaît, le Common Ground Café, tenu par gens au look curieux (aux États-Unis, ils me feraient un peu penser à des Amish). J’y mange une délicieuse salade du chef suivie d’un long black avec un carrot cake.

Sur le chemin du retour, je me rends soudain compte que l’on voit une grande quantité d’étoiles et je regarde longuement, émerveillé comme un gamin. Je n’ai jamais rien compris aux étoiles et en plus on est dans l’hémisphère sud, mais c’est magnifique.

De retour à l’hôtel, je me couche sans tarder et m’endors aussitôt comme une masse.

 

Jeudi

P1020140La température est nettement moins glaciale mais il y a beaucoup de vent. On comprend mieux, compte tenu des bourrasques, que la végétation soit surtout constituée de gros arbustes. Les arbres qui résistent ont un tronc qui se scinde en deux ou trois tronçons dès la base. Seuls les eucalyptus, avec leur tronc d’aspect laiteux, font exception à la règle.

Après le petit-déjeuner, je retourne à Echo Point terminer la promenade en direction des Three Sisters. Je prends la précaution de m’acheter de l’écran solaire (quinze dollars… plus le supplément que presque tous les commerçants ajoutent en cas de paiement par carte) à la boutique locale car j’ai pris quelques couleurs la veille.

P1020150Je fais de longues pauses pour profiter du grand air. L’une des terrasses d’observation (joliment appelée Spooners Lookout, “le belvédère des amoureux”) est déserte car une déviation la met un peu à l’écart du chemin principal. Je m’y arrête un grand moment et expérimente avec délice la fonction “panorama” du nouvel iPhone. 

Je déguste à nouveau un sorbet poire / citron en admirant les nombreux cerisiers en fleurs. Dans l’une des boutiques proches d’Echo Point, je trouve une variété de Fisherman’s Friend que je ne connais pas encore (chaque pays réserve ses surprises) et je suis tout excité à l’idée de l’acheter… jusqu’à ce que je voie le prix : cinq dollars. Je me dis que j’en reverrai sans doute ailleurs.

Valleypano

De retour à l’hôtel, je constate que ma chambre n’a pas été faite alors que j’ai suivi précisément les instructions (quitter la chambre de 11h à 14h). Je n’ai pas envie de ressortir, je me passerai donc de service.

Pour la première fois depuis mon arrivée, je peux observer le coucher de soleil sur les Blue Mountains. Le foisonnement de couleurs magnifiques constitue un joli point d’orgue à mon séjour.

Une fois la nuit tombée, je repars en direction du centre-ville de Katoomba mais, cette fois, je m’arrête à mi-côte au Canton Palace. Le restaurant est installé dans une sorte de hangar et je suis à deux doigts de faire demi-tour tant l’atmosphère me semble déprimante. Je choisis finalement de rester… et je me régale (dim sims de porc et poulet mariné bien trop copieux pour mon appétit), malgré un service un peu lent — il faut dire qu’il  y a beaucoup de monde.

Retour à l’hôtel pour une dernière grosse nuit. Demain, retour à la civilisation.

 

L’album photo :
2012-10-02/05 Blue Mountains

Lien permanent | Commentaires (0)

Reblog (0) | | | | Pin It! | | Envoyer sur Digg | Envoyer sur del.icio.us

Sydney (1)

5 – 7.10.12

 

Vendredi

Après le petit-déjeuner, je passe une petite heure sur le balcon de ma chambre pour profiter une dernière fois de la vue panoramique. Un peu avant 11h, je quitte l’hôtel et prends un taxi pour la gare. Comme la chauffeuse est adorable, la course me coûte exceptionnellement 11 dollars.

Le train de 11h22 est en réalité le service retour du train qui m’a amené à Katoomba trois jours plus tôt. Alors que le train entre en gare en provenance de Sydney à 11h09 précises, un monsieur me demande “where is this train hitting?”. L’anglais d’Australie ressemble beaucoup à l’anglais de Grande-Bretagne (notamment par le fait qu’on y utilise une orthographe civilisée : theatre et non theater, realise et non realize, humour et non humor, et pas de simplification phonétique monstrueuse comme thru — pour through —, contrairement aux Américains), mais il a quelques particularités amusantes : outre le g’day (bonjour) mondialement célèbre, on note par exemple une utilisation particulièrement généreuse de l’adjectif keen (qui indique l’état d’avoir envie).

Je suis au bord de la panique quand, quelques instants avant le départ du train, un monsieur toque frénétiquement à la fenêtre pour me demander (avec les mains) dans quel sens part le train. Comme si je le savais ! (Je ressens la même impression lorsque je lis dans les gares anglaises : “la première classe sera en tête de train” ; d’accord, mais où est la tête du train ? Attend-on des passagers qu’ils aient un sens inné de l’orientation ?) Je réussis à me concentrer suffisamment pour me souvenir d’où est arrivé le train… Comme il fait demi-tour, j’indique la même direction au monsieur, qui monte aussitôt. Je ressens un profond soulagement lorsque le train part bien dans la direction que j’ai indiquée.

Le train se remplit tellement qu’il y a pas mal de passagers debout dans la dernière demi-heure. Nous arrivons à la gare de Central, d’où je prends un train sur la boucle dénommée “City Circle” afin de me rendre à la station Circular Quay. Je découvre avec une certaine surprise que quay se prononce [kee] alors que j’ai toujours imaginé quelque chose comme [kwey] (une prononciation attestée par le dictionnaire, mais parmi les variantes).

La gare de Circular Quay, aérienne, est dotée d’une vue panoramique magnifique sur le port, avec notamment en ligne de mire le Harbour Bridge et l’Opéra, les deux pièces maîtresses architecturales de la ville. Je reste quelques instants pour admirer la vue tandis que les autres passagers vaquent, blasés.

IMG_2543Je n’ai pas beaucoup à marcher pour rejoindre l’hôtel Intercontinental, où je vais passer ma première nuit. J’ai réservé une chambre avec vue sur l’Opéra ; on me surclasse dans une belle suite d’angle au 26ème étage, d’où la vue sur l’Opéra et sur le Harbour Bridge est saisissante. Le bureau est placé de manière stratégique, si bien que l’on peut travailler tout en profitant de la vue. Je resterais bien là tout l’après-midi.

IMG_2554Je me décide quand même à aller explorer le Club, installé au dernier étage de l’hôtel — on va jusqu’au 31e étage par l’ascenseur, puis on monte un étage par un escalier, donc ça le met au 32e étage. Il est gigantesque et les murs sont en verre du sol au plafond, sur deux côtés de l’immeuble (en contraste avec les chambres, dotées de petites fenêtres qui trahissent l’âge du bâtiment). Autant dire que la vue panoramique est à couper le souffle. Le Club de l’Intercontinental de Hong-Kong s’est trouvé un rival de taille.

Comme une petite terrasse est aménagée à l’extérieur, je continue à jouer avec la fonction panorama de l’iPhone, qui est décidément merveilleuse.

IMG_2558

Après avoir dégusté un long black, je pars à la découverte du centre-ville de Sydney, ou plus précisément du Central Business District, abrégé localement en “CBD”. Les rues sont propres et agréables : on retrouve cette atmosphère des villes où des gratte-ciel modernes ont été construits à proximité d’immeubles plus anciens sans que cela ne crée de déséquilibre. Au contraire, l’urbanisme est bien pensé et la ville semble éminemment humaine. 

Je me rends à l’Apple Store, au coin de George Street et de King Street, une zone où abondent les boutiques haut de gamme. J’ai en effet mystérieusement oublié le chargeur de mon MacBook Air à Paris. Je suis perturbé parce que le design du connecteur a changé, mais le vendeur est “à peu près” sûr que c’est le bon (il a raison).

IMG_2575Je fais un petit détour par les environs de l’Opéra, où je ne mets pas longtemps à être fasciné par les lignes géniales du bâtiment, même si la couleur jaunâtre des toits n’est pas toujours flatteuse.

De retour à l’Intercontinental, il est temps de retourner au Club pour le service d’apéritif, organisé de 17h à 19h. Il y a un monde fou, mais je m’installe dans un coin avec mon iPad et je profite de l’abondance de petites choses délicieuses à grignoter en sirotant des gin tonic. La ville s’éclaire au fur et à mesure que la nuit tombe (mais pas tant que ça ; la plupart des éclairages sont assez discrets, notamment celui de l’Opéra). Comme le Club est lui aussi très peu éclairé, le changement d’atmosphère est saisissant.

J’ai largement assez mangé. Je retourne dans ma chambre et me couche tôt.

 

Samedi

Retour au Club pour le petit-déjeuner, copieux et délicieux. Comme j’ai indiqué à la serveuse que je buvais beaucoup de café au petit-déjeuner, elle revient remplir ma tasse avec une cafetière chaque fois qu’elle est vide. Service topissime.

Il ne fait pas très beau et la brume qui enveloppe le Harbour Bridge met du temps à se dissiper. Il pleut par intermittence, si bien que je reste dans ma chambre une bonne partie de la matinée. Je ne la quitte que pour aller faire l’acquisition la plus rentable de mon séjour, une carte de transports en commun appelée “MyMulti 1” qui, pour 43 dollars, donne accès pendant une semaine à l’ensemble des bus, des ferries, des tramways et aux trains jusqu’à une certaine distance de Sydney. 

P1020159Vers 14h, je quitte l’Intercontinental et prends un taxi (dix dollars) pour rejoindre l’hôtel où j’ai prévu de passer les sept nuits suivantes : le Blue Sydney, qui est géré par la chaîne Taj et qui est affilié aux Leading Hotels of the World. L’hôtel est installé à Woolloomooloo, pas si loin de l’Intercontinental à vol d’oiseau, dans une jetée de plus de 400 mètres de long.

Le Finger Wharf, puisque c’est son nom, a été construit en 1915. Ce serait le plus long bâtiment sur pilotis du monde. Il a servi de docks pour le commerce maritime, de lieu d’arrivée pour les immigrants et de base de départ pour les forces militaires. Il était voué à la démolition mais a été sauvé par une forte mobilisation populaire au début des années 1990. Il a finalement été transformé en un impressionnant complexe comprenant un hôtel haut de gamme (ouvert à l’origine sous l’enseigne W de Starwood, que j’ai tendance à fuir), de multiples restaurants, des appartements de standing… ainsi que des résidences de grand luxe dans une extension du bâtiment. Il paraît que l’acteur Russell Crowe fait partie des résidents.

IMG_2582Je m’installe dans une confortable chambre en duplex avec vue sur la marina qui longe la jetée. J’aurais préféré être un peu plus loin dans le bâtiment, mais je m’en remettrai. Comme il ne fait pas très beau, je paresse un peu dans ma chambre et, vers 18h, je me mets en route vers l’Opéra, car j’ai acheté une place pour une représentation de Lucia di Lammermoor.

Ce serait vraiment très simple d’aller à l’Opéra depuis Woolloomooloo si l’on pouvait suivre le sentier littoral. Mais voilà, une portion du sentier appartient aux Royal Botanical Gardens, qui ferment en fin d’après-midi — franchement, c’est ridicule. Du coup, il faut contourner le jardin, qui est immense… et, surtout, franchir la “colline” qui sépare Woolloomooloo du CBD, alors que le sentier littoral est beaucoup moins escarpé.

Arrivé à proximité de l’Opéra, je suis un peu effrayé par l’agitation qui règne dans les restaurants voisins. L’Opéra lui-même est plus calme ; il est en travaux pour plusieurs années, ce qui rend la circulation un peu compliquée, mais on s’y retrouve. Je retire mon billet et me rend dans le foyer de la salle d’opéra, qui me file le cafard tellement l’ambiance y est crépusculaire : essaie-t-on d’économiser l’énergie en réduisant l’éclairage au minimum vital ? Ou cherche-t-on à cacher le vieillissement du squelette du bâtiment ? Heureusement que le wifi est gratuit.

Représentation très correcte devant une salle à moitié vide : le compte rendu se trouve sur mon blog principal. Je rentre à l’hôtel en taxi (dix dollars) car il pleut. Je ne dîne pas car j’ai mangé un club sandwich dégueulasse à l’Opéra avant la représentation et cela me suffit bien.

 

Dimanche

Premier petit-déjeuner à l’hôtel Blue Sydney. Il est servi dans ce qui ne peut être décrit que comme la nef de la jetée, la spectaculaire circulation intérieure qui dessert la totalité du bâtiment d’un bout à l’autre, sur toute sa hauteur. La pièce maîtresse de la décoration est le Waterbar, le bar de l’hôtel (où l’on ne sert pas que de l’eau, contrairement à ce que le nom pourrait laisser entendre) ; une petite salle de restauration, qui ne sert qu’au petit-déjeuner, y est adjointe.

J’ai acheté un billet pour la matinée de la comédie musicale Legally Blonde, la seule comédie musicale que je pourrai voir durant mon séjour à Sydney (une production de Myths and Hymns a été annulée et je manque, à quelques jours près, une production de Sunday in the Park With George dans une école d’art dramatique locale).

P1020177Le Lyric Theatre, où le spectacle a lieu, se trouve à Pyrmont, de l’autre côté du CBD par rapport à Woolloomooloo, dans une zone autrefois largement liée à l’activité portuaire de Sydney, où se trouvaient docks, entrepôts et chantiers navals. Aujourd’hui, au terme d’un remarquable travail d’urbanisme, Pyrmont accueille un mélange très réussi de logements et de commerces… ainsi que le musée de la marine, devant lequel sont ancrés plusieurs navires, dont un magnifique trois-mâts et un imposant bâtiment militaire.

C’est bien sûr par le ferry qu’il faut se rendre à Pyrmont. Comme Woolloomooloo n’est mystérieusement pas desservi par une ligne régulière de ferry, je prends d’abord le bus 311, qui passe devant mon hôtel afin de rejoindre Circular Quay, où se trouve le terminal des ferries. Certains ferries, peints en vert et crème, rappellent étonnamment ceux de Hong-Kong.

L’expérience est un véritable régal pour les yeux, d’autant qu’il fait un temps magnifique : les points de vue sublimes se multiplient sur le CBD, le Harbour Bridge, l’Opéra… ainsi que sur le gigantesque paquebot de croisière de la P&O amarré au terminal de Darling Harbour. En plus, il y a le wifi à bord, et il est gratuit.

P1020186Je trouve le Lyric Theatre sans difficulté. Il est logé dans un centre commercial moderne, The Star. J’ai le temps de jeter un coup d’œil au “food court” (la zone de restauration rapide) du centre commercial avant le début de la représentation : tout est très appétissant.

Le compte rendu de la représentation de Legally Blonde se trouve, comme d’habitude, sur mon blog principal.

En sortant du théâtre, j’ai envie de changer d’itinéraire. Un tramway (appelé ici light rail) dessert Pyrmont et rejoint la gare de Central en traversant le quartier pittoresque de Chinatown. La ligne de métro qui me permettrait de rejoindre Woolloomooloo étant en travaux, je prends une autre ligne en direction du CBD et reviens à pied jusqu’à mon hôtel.

J’ai prévu de dîner dans un restaurant italien dénommé Otto, qui fait partie du même groupe que le restaurant le plus couru de Sydney, Quay, où je n’ai pas réussi à obtenir de réservation (il faut dire que je m’y suis pris un peu tard). Je ne m’étais pas rendu compte, en faisant ma réservation chez Otto, que le restaurant se trouvait aussi dans le Finger Wharf de Woolloomooloo, donc à deux minutes de ma chambre d’hôtel, en marchant lentement.

Il y a quatre ou cinq restaurants le long de la jetée, tous du côté de la marina, avec vue sur la skyline du CBD (l’autre côté est réservé à la circulation automobile — oui, il y a des parkings pour les résidents — et donne sur une base militaire et/ou un chantier naval).

Un peu avant que je ne quitte ma chambre, un feu d’artifice est tiré en face de la jetée. C’est une bonne entrée en matière.

Je dois insister pour avoir une table à l’intérieur car j’ai eu un peu froid en fin d’après-midi et je n’aime pas beaucoup ces braseros que l’on utilise pour chauffer les terrasses. En apéritif, je me régale d’un spritz à l’Apérol, cet apéritif découvert récemment à Venise et que j’ai tellement aimé qu’il m’arrive de m’en faire chez moi le soir (on trouve l’Apérol chez Monoprix).

Je commence par des fettucine au lapin braisé, à la pancetta, aux olives et au thym : délicieux. Puis j’ai choisi l’un des plats du jour, un barramundi tout simplement grillé, dont j’ai demandé qu’on me lève les filets et avec lequel j’ai commandé des épinards sautés, excellents. J’accompagne le tout d’un verre de pinot noir de Nouvelle-Zélande et de San Pellegrino (de la vraie, pour la première fois).

Le dessert, à base de chocolats et de noisettes, n’est pas inoubliable. L’expresso, en revanche, est tellement bon que j’en commande aussitôt un deuxième.

En sortant du restaurant, je fais une petite promenade digestive en allant jusqu’au bout de la jetée et en regardant du coin de l’œil l’intérieur des appartements de standing, que je trouve sacrément attrayants. C’est ici que j’aimerais loger si je vivais à Sydney, cela ne fait pas de doute. C’est curieux, mais aucun quartier de Paris ou de sa périphérie ne me fait le même effet… alors que je trouve dans la plupart des villes que je visite des quartiers de rêve.

Après un tel repas, il n’est pas difficile de trouver le sommeil.

 

L’album photo :
2012-10-05/07 Sydney 1

Lien permanent | Commentaires (2)

Reblog (0) | | | | Pin It! | | Envoyer sur Digg | Envoyer sur del.icio.us

Sydney (2)

8 – 10.10.12

 

Lundi

Mon hôtel a la bonne idée de servir le petit-déjeuner jusqu’à 11h, ce qui me permet de profiter de longues nuits réparatrices.

L1Après le petit-déjeuner, je refais une petite promenade le long du Finger Wharf, dans le but notamment de mieux observer un gros navire que j’ai essayé d’observer la veille au soir de nuit, sans bien comprendre ce que je voyais. Il s’agit de l’ADV Ocean Shield, un drôle d’engin tarabiscoté à vocation humanitaire (mais appartenant à la Marine australienne), doté notamment d’une hélisurface.

De l’autre côté de la jetée, ce sont les yachts de plaisance qui s’accumulent. Certains sont extrêmement luxueux et probablement dignes de Saint-Tropez. Les résidents du Finger Wharf semblent avoir les moyens.

Comme la météo semble quelque peu indécise, je décide de me diriger vers le musée des Beaux-Arts local, la Art Gallery of New South Wales, qui est à 100m de mon hôtel (je vois très bien le bâtiment depuis ma chambre, d’autant qu’il est sur une colline). Il se trouve qu’on y montre actuellement une exposition itinérante sur les merveilleuses photographies d’Eugène Atget, que j’ai manquée lorsqu’elle était présentée au Musée Carnavalet (d’où proviennent la plupart des clichés exposés) il y a quelques mois.

L3L’exposition Atget est la seule partie payante du musée, mais elle mérite largement les dix dollars demandés. Certaines photos commencent à être très connues mais d’autres — comme ces clichés d’intérieurs parisiens — me sont moins familières. Les quelques autres visiteurs semblent fascinés : ils regardent chaque cliché avec une réelle attention.

Je fais ensuite une visite rapide des collections permanentes du musée, qui réservent bien entendu une place particulière aux artistes australiens (sans oublier les arts aborigènes). Rien ne me bouleverse particulièrement. La muséographie est très réussie, dans des salles claires, aérées et spacieuses qui doivent être assez récentes.

J’hésite à entrer dans une installation car un panneau alerte sur le fait qu’il s’agit d’un labyrinthe visant à recréer les sensations que l’on ressent en pénétrant dans une cave humide — l’odeur est d’ailleurs largement perceptible depuis l’extérieur. Il est précisé qu’il faut se baisser et il est demandé de ne pas entrer sans avoir prévenu un gardien. Je renonce, intrigué.

Je fais une pause long black /carrot cake au café du musée. J’ai reçu un mail de Flying Blue m’indiquant que, “comme mon vol de retour passe par Hanoi, un visa de transit est nécessaire”. Je rappelle le numéro indiqué dans le mail, mais la personne que j’ai en ligne ne sait pas m’expliquer de quoi il retourne.

L4Ce n’est que plusieurs heures plus tard que, grâce à Google, je finirai par comprendre le sujet. Ce n’est pas ma correspondance à Hanoi qui est en cause, car les autorités vietnamiennes autorisent bien entendu les correspondances entre vols internationaux sans visa. Le problème provient du fait que mon vol Sydney – Hanoi fait une “escale” à Saigon, une escale qui implique un changement d’appareil et une correspondance vers ce qui est techniquement un vol intérieur Saigon – Hanoi. Évidemment, du coup, il faut rentrer sur le territoire vietnamien… et pour cela, il faut un visa (un visa normal, pas un visa de transit, monsieur Flying Blue). Heureusement, tout cela peut s’arranger par Internet. 

En sortant du musée, je décide de faire une promenade dans les Royal Botanical Gardens, qui sont superbement entretenus. Arrivé sur le sentier littoral, je l’emprunte jusqu’à l’Opéra… puis je rebrousse chemin pour revenir doucement jusqu’à Woolloomooloo et mon hôtel. Nouvelle avalanche de points de vue magnifiques… notamment sur l’Opéra.

L5

On croise partout des couples de jeunes mariés asiatiques en train de se faire photographier.

Arrivé face au Finger Wharf et à ses yachts, je découvre un curieux “jardin de sculptures” au bord de l’eau. Les sculptures utilisent des matériaux bruts qui évoquent l’activité maritime et ont un petit côté surréaliste.

L6

J’ai une curieuse envie de pizza et je tente l’une de celles de la carte du service en chambre, aux champignons et à la ricotta. Grand bien m’en fait, car elle est somptueusement délicieuse, l’une des meilleurs que j’aie mangées récemment. Il faut dire que l’hôtel est doté d’un jeune chef indien manifestement très talentueux. Le dessert, une tarte aux fruits de saison, est une merveille.

 

Mardi

La promenade au bord de l’eau entre l’Opéra et mon hôtel m’a tellement plu que j’ai très envie de poursuivre dans le même esprit. Malheureusement, Woolloomooloo est l’un des rares endroits où le sentier littoral s’interrompt nettement ; mon premier choix aurait consisté tout simplement à poursuivre la promenade de la veille.

Je consulte une carte des promenades de la région (il y a de quoi faire) et je suis très tenté par l’une de celles qui passent par Bondi Beach, l’une des deux plages très connues de Sydney (avec Manly Beach), sur la Mer de Tasman. J’hésite un peu car le temps est incertain… mais je finis par aller prendre le bus 333, qui parcourt les 7 km qui séparent le centre-ville de Bondi Beach, en ne quittant quasiment jamais une rue du nom d’Oxford Street (qui passe par Paddington… ce n’est pas le seul endroit où les noms font furieusement penser à Londres — il y a aussi un Hyde Park, un Kings Cross, etc.)

Avant d’arriver à Bondi Beach, le bus traverse la ville de Bondi à proprement parler. Pour faire un parallèle avec la Californie, si Bondi Beach est la Venice Beach de Sydney, Bondi est sa Santa Monica. La ville est d’ailleurs dotée de son Apple Store. 

M1La plage de Bondi Beach (prononcer “Bondaï” et non “Bondee”) est une belle plage de sable au fond d’une crique. Il n’y a pas grand monde lorsque j’y arrive, à part quelques surfeurs et des body-builders qui, comme à Venice Beach, s’adonnent à l’exhibitionisme musculaire.

J’ai décidé de suivre la côte en direction du nord, jusqu’à Watson’s Bay, ce qui représente environ dix kilomètres compte tenu des détours. La promenade durera 3h30 environ. Elle sera beaucoup plus vallonnée que prévu… et il se révèlera impossible de suivre partout le sentier littoral, parfois colonisé par des propriétés privées. Mais quelle promenade inoubliable ! Et en plus le soleil est sorti pour de bon…

M2Lorsque le chemin suit la cote, il est situé sur une falaise pittoresque en diable. Lorsqu’il s’en écarte, il permet de traverser une banlieue manifestement huppée, où les sublimes maisons de style californien semblent éclore comme des champignons. Et, de temps à autre, on découvre à l’ouest un point de vue unique sur le port de Sydney, les gratte-ciel du CBD, le Harbour Bridge et l’Opéra.

Le seul problème, au fond, c’est que rien de tout cela n’est balisé. Je soupçonne les riverains d’organiser des expéditions nocturnes pour supprimer la signalisation car il n’y a absolument aucune indication depuis la route principale… et je suis bien souvent tout seul à me promener. Et puis c’est horriblement agaçant, alors que l’on profite de la promenade au bord de l’eau de tomber brusquement sur une propriété privée qui barre le chemin.

M3Mais il y a des contreparties… À l’un des moments où le sentier littoral s’interrompt et où il faut rejoindre la route, je tombe sans m’y attendre sur la Dudley Park Reserve, un parc public d’où la vue sur le port de Sydney est absolument sublime. Un car de touristes japonais s’y arrête d’ailleurs alors que je suis en train d’amirer la vue, la bouche ouverte. 

Je pousse jusqu’à la limite nord de la côte à cet endroit en me régalant des points de vue sur la Mer de Tasman, d’un fascinant bleu foncé. Heureusement que les photos numériques ne coûtent rien. Arrivé à Watson’s Bay, je me rafraîchis en mangeant une très bonne glace artisanale avant de prendre le bus 325 pour rentrer à l’hôtel.

M4La ligne du 325 présente l’avantage de suivre une côte superbe qui va de baie en crique : Parsley Bay, Vaucluse Bay, Shark Bay, Hermit Bay, Rose Bay, Blackburn Cove, Double Bay, Rushcutters Bay, … Les yeux sont d’autant plus gâtés qu’il fait un temps magnifique.

De nombreux écoliers empruntent le bus. Ils sont tous en uniforme, un signe supplémentaire de l’influence anglaise. Les garçons sont en short et portent des chaussures en cuir banalisées et non des baskets de marques, qui sont vraisemblablement interdites. Les filles portent la jupe et un très joli chapeau rond à larges bords qui a fière allure.  

De retour à l’hôtel, je me précipite sous la douche. J’ai une heure de battement environ avant de sauter dans le bus 311 pour rejoindre le restaurant que j’ai réservé pour le dîner — une réservation faite depuis plusieurs semaines.

Tetsuya Wakuda est un chef d’origine japonaise installé à Sydney depuis près de 30 ans. Il a élaboré progressivement un style très personnel, nourri de la rencontre entre la tradition japonaise et les techniques occidentales que Wakuda a acquises en Australie. Il est régulièrement distingué par les récompenses les plus prestigieuses, bien que son étoile semble pâlir un peu depuis quelques années.

Son restaurant, Tetsuya’s, est installé dans un bâtiment très accueillant de Kent Street. L’ambiance y est feutrée et tamisée, hors du temps. La salle à manger donne sur un fascinant jardin japonais, délicatement éclairé. Les conditions sont réunies pour vivre une expérience unique et inoubliable. Le service, à la fois convivial et impeccable, y contribue grandement.

J’ai fait un effort vestimentaire, mais il n’y a pas de dress code et l’on voit de tout. C’est que la philosophie du lieu est avant tout basée sur le plaisir, et rien ne saurait y faire obstacle.

MT 00001Chez Tetsuya’s, il n’y a pas de carte. On sert un menu-dégustation d’environ onze plats : poissons et fruits de mer d’abord, puis viandes et desserts. Les portions sont petites, voire minuscules, mais chaque plat est une merveille d’invention, dans un foisonnement fascinant de saveurs et de textures inédites. La langoustine au parfait de foie de volaille laisse sur la langue un goût de miracle. Le plat emblématique du chef est un “confit” de truite de mer au fenouil : c’est un sommet culinaire himalayen, le résultat d’années d’expérimentation et de perfectionnement.

Surprise au dernier dessert : l’île flottante est une “compression”, une petite boule compacte à l’intérieur de laquelle se trouvent les pralines et la crème anglaise.

J’ai accompagné mon dîner d’un verre de vin choisi uniquement sur la foi de son nom : un Torbreck Mataro australien, un joli vin rouge à base de mourvèdre. J’ai essayé de ne pas me gaver avec le beurre-maison à la truffe et à la ricotta, mais c’est une tuerie. Pour me faire patienter entre les plats comme je suis seul, le maître d’hôtel m’a gentiment proposé de feuilleter le livre de recettes du maître des lieux.

Je ressors dans la douce nuit australienne avec l’impression d’avoir vécu un moment privilégié. Je rentre à pied à mon hôtel en essayant de revivre mentalement les nombreux épisodes de pur émerveillement de la soirée.

 

Mercredi

Je suis tenté de passer la journée à paresser à l’hôtel, mais il fait trop beau. Je décide finalement de m’offrir une promenade en ferry en choisissant la ligne la plus longue, celle qui part vers l’ouest en direction de la ville de Parramatta.

Me1Je prends mon habituel bus 311 en direction de Circular Quay, d’où j’embarque sur le catamaran qui sert de ferry. C’est une magnifique promenade d’une heure environ, qui traverse nombre de banlieues résidentielles. Je m’arrête à deux stations de la fin de la ligne, à l’arrêt qui dessert le parc olympique, histoire de me dégourdir les jambes quelques instants avant que le ferry ne revienne en sens inverse.

De retour dans le centre-ville, je me dirige vers le quartier des Rocks, au pied du Harbour Bridge, une zone où l’on souhaite manifestement créer une ambiance de “village”. L’hôtel Park Hyatt, récemment rénové, y occupe un bâtiment bas et ondulant, jouissant d’une vue imprenable sur le port et sur l’Opéra. Il s’y trouve également quantité de restaurants haut de gamme (dont le meilleur restaurant de Sydney, Quay), tous rassemblés dans le Overseas Passenger Terminal, qui ne semble plus beaucoup servir à sa destination originelle de gare maritime, bien que tous les équipement nécessaires s’y trouvent toujours.

Me2Le Harbour Bridge possède la particularité de conserver sa majesté quel que soit le point de vue. C’est particulièrement vrai depuis les abords de la pile sud du pont, d’où je multiplie les clichés. On voit des visiteurs en train d’effectuer le célèbre Bridge Climb, l’ascension du pont le long de son arche.

Comme je ressens une furieuse envie de hamburger, je consulte les critiques gastronomiques et, en fonction d’un compromis entre distance et notoriété, je choisis une échoppe appelée Burgerlicious, où je commande un “Bostino”, un hamburger à base de bœuf Angus auquel s’ajoutent oignons, gruyère, bacon, tomates, laitue, avocat et condiments divers. La viande est délicieuse, mais les condiments, qui manquent de subtilité, portent préjudice à l’équilibre d’ensemble.

Il est temps de rejoindre l’hôtel, où je retourne par un chemin que je n’ai pas encore expérimenté. Il passe par une passerelle piétonne qui enjambe une autoroute.

 

L’album photo :
2012-10-08/10 Sydney 2

Lien permanent | Commentaires (0)

Reblog (0) | | | | Pin It! | | Envoyer sur Digg | Envoyer sur del.icio.us

Abonnez-vous à ce blog (XML)

Les photos du voyage

  • 11 – 13 octobre : Sydney (3) et retour
  • 8 – 10 octobre : Sydney (2)
  • 5 – 7 octobre : Sydney (1)
  • 2 – 5 octobre : Les Blue Mountains

Aller à...

  • Mon blog principal

Les notes récentes

  • Sydney (2)
  • Sydney (1)
  • Les Blue Mountains
  • Paris – Sydney

Les commentaires récents

  • Laurent sur Sydney (1)
  • Gvgvsse sur Sydney (1)