Barbican Hall, Londres • 9.5.08 à 19h30
BBC Symphony Orchestra & Chorus, Andrew Davis
Vaughan Williams :
– Toward the Unknown Region
– Symphonie n°6
Dominic Muldowney : Tsunami, création mondiale (Philip Quast, baryton)
Ives : General William Booth Enters into Heaven
Holst : The Hymn of Jesus (Trinity College of Music Chamber Choir)
Mes aïeux, quel concert !
Je ne connaissais pas ce Toward the Unknown Region de Vaughan Williams, une œuvre de jeunesse pour chœur et orchestre, mise en musique d’un poème de Walt Whitman. C’est pourtant une splendeur absolue, d’une intensité bouleversante. La musique, comme le texte du poème, évoque successivement la marche vers la mort lointaine et mystérieuse, puis la libération éprouvée une fois le seuil franchi. Le BBC Symphony Chorus fait des merveilles et la progression vers le fa majeur solaire de la fin provoque des effets physiques irrésistibles.
Suit la remarquable Symphonie n°6 du même Vaughan Williams avec ses quatre mouvements enchaînés, ses thèmes obsessifs, son solo de cor anglais nostalgique à la fin du deuxième mouvement, son solo de saxophone ou peu déjanté dans le troisième mouvement, ses saveurs à la Prokofiev… et, surtout, son dernier mouvement complètement lunaire, pianissimo de bout en bout, qui semble évoquer une sorte d’au-delà à la fois apaisé et plein de possibilités.
Création mondiale, ensuite, du compositeur Dominic Muldowney (né en 1952), sur un poème de James Fenton (né en 1949) qui évoque, en cinq parties, le cheminement d’un homme qui se remet progressivement d’une déception amoureuse dans une ville étrangère récemment détruite en regardant à la télévision des images du tsunami de 2004. Le soliste n’est autre que Philip Quast, le baryton bien connu du monde de la comédie musicale (que j’ai vu notamment dans The Fix, Evita, Follies, Sweeney Todd et La Cage aux Folles ). Sa voix est amplifiée, mais il apporte au texte une intensité dramatique que peu de chanteurs “classiques” pourraient égaler.
Suit la seule pièce non anglaise de la soirée, mise en musique par Charles Ives d’un poème de Vachel Lindsay pour chœur et orchestre. La musique est pleine de vie et d’accents inattendus. Un solo vocal est assuré avec beaucoup de sensibilité par l’un des ténors du chœur.
Fin en beauté avec The Hymn of Jesus de Gustav Holst, une œuvre magnifique — qui fut, en son temps, aussi connue que les fameuses Planètes, mais que l’on a injustement oubliée. Mise en musique d’un texte tiré des Actes (apocryphes) de Saint-Jean, il commence par une sorte de plain-chant qui s’enrichit progressivement d’harmonies modernes dans une explosion rythmique qui pourrait évoquer une sorte de transe dansée. L’œuvre fait appel à deux chœurs spatialisés — le deuxième était placé tout en haut de la salle, derrière le public : l’effet obtenu est étonnant. L’apothéose finale est écrasante de beauté.
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