Mercredi 16 mai 2007
Paro
Démarrage à 9h après un délicieux petit-déjeuner. Kinley et Chincho m’attendent pour attaquer une randonnée menant au Taktsang Goempa, surnommé le “Nid du Tigre”, un monastère accroché au flanc de la montage à 3000 mètres d’altitude (en partant d’environ 2400 mètres). Je sais que j’aurai sans doute du mal, mais nous nous sommes mis d’accord pour y aller doucement. Malheureusement, au bout d’un moment, mes poumons me lâchent et je sens l’oxygène me manquer. Nous faisons une grande pause pour que je reprenne mes esprits, puis je dis à Kinley que je préfère redescendre. En chemin, nous croisons aussi bien des randonneurs étrangers que des Bhoutanais de tous âges qui vont au monastère. L’une des randonneuses avec qui je discute me dit que je n’aurais pas dû essayer cette montée le lendemain de mon arrivée et me conseille de réessayer plus tard ; on verra. La ballade valait quand même le coup ; les points de vue sur la vallée sont magnifiques.
Nous allons ensuite visiter le Musée National, qui a été installé dans une très belle tour de garde circulaire du 7ème siècle, le Ta Dzong, qui domine le village. On peut y voir toutes sortes d’objets de la vie quotidienne, d’armes, de représentations religieuses,… Kinley me fournit une quantité impressionnante d’informations. Il fait de son mieux, en particulier, pour m’expliquer la pratique religieuse bhoutanaise, qui mêle le bouddhisme tibétain et le culte des divinités locales.
Puis nous allons pique-niquer à quelques kilomètres au bord de la route. L’hôtel a préparé des plats bhoutanais : une soupe de courge, un ragoût de légumes avec du riz… et quelques biscuits exquis pour accompagner le thé. Quelques chiens s’approchent timidement. Ils attendront que nous soyons partis pour manger les quelques miettes laissées dans l’herbe.
Notre prochaine étape est le dzong local, grosse forteresse carrée servant de siège tant aux représentants locaux du gouvernement qu’aux autorités monastiques. Kinley doit compléter son costume traditionnel par une écharpe portée en diagonale sur le torse avant d’y pénétrer ; c’est la loi. Il m’explique que la couleur de l’écharpe indique le rang dans la société bhoutanaise : le roi porte du jaune ; les seigneurs et les chefs religieux, de l’orange ; les dignitaires locaux, du rouge ; les juges, du vert… et le commun des mortels, du blanc.
Le dzong est un bâtiment carré organisé autour d’une tour centrale. L’intérieur est un plaisir pour les yeux : bois décoré, fresques un peu partout… C’est un lieu animé, où les citoyens viennent réaliser les formalités de la vie quotidienne. Une partie du bâtiment sert aussi d’école monastique pour des enfants de six à sept ans.
Comme le bâtiment est en hauteur, on y découvre une vue magnifique sur la vallée et, en particulier, sur le palais de la Reine Mère, légèrement en contrebas.
Nous descendons à pied du dzong au village, en traversant un pont de bois d’où flottent de nombreux drapeaux de prière (il y en a beaucoup partout), puis nous rentrons à l’hôtel. Nous mettons au point les détails de la journée de demain, puisque nous devons quitter Paro pour la seconde étape de mon périple, Punakha.
Je me repose de la journée jusqu’au soir, où je me contente d’un dîner léger. Comme la connexion Internet est instable sur l’unique ordinateur destiné aux clients, on me propose d’utiliser l’un des ordinateurs du personnel. J’en profite pour jeter un coup d’œil au tableau d’occupation de l’hôtel, et je suis heureux de voir que j’ai déjà été intronisé “Amanjunky”, le nom réservé aux clients fidèles d’Aman Resorts, compte tenu de mon passage à Amanpulo, aux Philippines, en 2006.
Le cadeau du jour est une paire d’adorables petites cymbales reliées par un lacet. Elles émettent un son cristallin parfaitement adapté à la méditation.
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