Lundi 14 mai 2007
Bangkok
Je craignais que le décalage horaire ne rende le réveil un peu douloureux mais, une fois passé le petit effort pour m’extirper du lit, tout va bien. Je vais petit-déjeuner au bord de la rivière, où un somptueux buffet est dressé. On y trouve un assortiment de plats occidentaux et orientaux. Les dim sums et les nouilles sont exquis. L’assortiment de fruit frais est étonnant.
À 8h15, comme convenu, Chat m’attend dans le hall. On roule à gauche, à Bangkok. La circulation est assez folklorique. Il n’est pas rare que le chauffeur se mette dans les voies à contre-sens à l’approche d’un carrefour afin de couper en diagonale. C’est un peu à qui se faufilera de la manière la plus futée pour passer devant les autres. Comme tous les lundis, m’explique Chat, la majorité des Thaïlandais porte un polo jaune, en hommage à leur roi, dont c’est la couleur.
Il y a beaucoup de Chinois dans la ville. Chat m’indique qu’ils sont très bien intégrés, et que les Chinoises sont généralement considérées comme plus belles que les Thaïlandaises car elles ont la peau plus claire. Il fait chaud, très chaud ; il y a beaucoup d’humidité et pas un souffle de vent. Chat me dit que c’est pénible pour lui aussi.
Notre première étape est le Grand Palais, un étonnant complexe de résidences officielles et de temples qui fut la résidence officielle des rois de Thaïlande de 1782 au milieu du 20ème siècle, lorsque le roi actuel décida de s’installer ailleurs.
Chat me fait rigoler parce que chaque fois qu’il évoque le quatrième souverain de la dynastie actuelle, le roi Mongkut, qui occupa le trône de 1851 à 1868, il l’appelle “The King and I”, une référence que l’on ne peut comprendre que si l’on connaît la comédie musicale de Rodgers & Hammerstein inspirée par les mémoires d’Anna Leonowens, qui fut l’une des préceptrices des enfants de Mongkut, dont le fameux Chulalongkorn, qui succéda à son père et fut entre autres l’artisan de l’abolition de l’esclavage. Cela donne des phrases du type “This temple was built by the brother of The King and I”.
Le Palais Royal est une juxtaposition étonnante de bâtiments, certains typiquement thaïlandais, d’autres inspirés par l’architecture khmer, d’autres encore d’inspiration occidentale. Difficile de tout regarder tellement il y en a. On remarque particulièrement les multiples représentations du Dieu Varuna, qui semble jouer le rôle de protecteur.
Une fresque gigantesque dépeint le Ramakien, une épopée mettant en scène le roi Rama qui doit sauver son épouse Sita, enlevée par le Thotsakan, le roi des démons. Cette fable est considérée comme une composante séminale de la culture thaï.
La pièce maîtresse du complexe est le monastère du bouddha d’émeraude (qui est en réalité en jade). Le bouddha est installé au sommet d’un autel élaboré devant lequel les Thaïlandais viennent se recueillir. Il est revêtu, selon la saison, de l’une de ses trois tenues : hiver, saison des pluies, été. Malheureusement, comme toujours à l’intérieur des temples, les photographies sont interdites.
Devant le monastère, on peut demander des faveurs à Bouddha en promettant une rétribution en cas de succès. Chat m’explique que si l’on a obtenu ce que l’on a demandé mais que l’on oublie de s’acquitter de sa dette envers Bouddha, on commence à rêver à un éléphant (censé pousser les récalcitrants jusqu’au lieu de leur promesse).
Nous quittons ensuite le Palais Royal pour visiter une immense fabrique de bijoux où l’on travaille toutes sortes de pièces précieuses et semi-précieuses pour les monter en bijoux.
Notre étape suivante est la maison-musée de Jim Thompson, un Américain installé à Bangkok après la seconde guerre mondiale et qui contribua significativement à relancer le commerce de la soie. Thompson acquit six maisons traditionnelles thaï en teck, en fit venir certaines de plusieurs centaines de kilomètres, et se créa un magnifique petit écrin niché dans une verdure luxuriante. La maison, ouverte sur la nature environnante, est surélevée afin de ne pas être affectée par les inondations et les pluies torrentielles. Elle est décorée avec les objets d’art accumulés par Thompson, qui disparut sans laisser de trace lors d’un voyage en Malaisie en 1967. Elle a été conservée intacte ; c’est un petit havre d’élégance et de sérénité.
Il est l’heure de déjeuner. Nous nous dirigeons vers le Spice Market, le restaurant thaï de l’hôtel Four Seasons, qui se situe dans un quartier où se côtoient toutes les enseignes de luxe occidentales. Chat commande beaucoup trop et je suis obligé de me forcer un peu, mais c’est délicieux : phad thaï, poulet aux noix de cajou, brochettes… et pour finir du riz gluant à la mangue assez sublime. Et dire que je pensais ne pas aimer beaucoup la mangue (il paraît que c’est la saison).
Je pose quelques questions à Chat et suis très étonné d’apprendre qu’il a 40 ans. Il en fait dix de moins. Il me dit qu’il a appris l’anglais avec des missionnaires et qu’il n’a jamais visité l’Europe ni l’Amérique. Je suis étonné qu’il parle et comprenne aussi bien l’anglais dans ces conditions. Il me rappelle un guide chinois qui parlait français mieux que moi alors qu’il n’avais jamais quitté la Chine de sa vie.
Lorsque nous quittons le Four Seasons, il y a de la police un peu partout, et notre voiture doit se soumettre à une inspection pour pouvoir venir nous prendre. Chat se renseigne et m’explique que la petite-fille du roi est en train de déjeuner dans l’un des autres restaurants de l’hôtel.
Retour à l’hôtel Oriental en début d’après-midi. Vers 14h30, ma valise perdue arrive de l’aéroport comme promis. Elle porte une belle étiquette rouge “Rush” ; elle a eu droit à un vol direct de Paris à Bangkok, elle.
Je profite de l’après-midi pour me reposer. Le soir, je ne suis pas sûr d’avoir faim, mais je retourne quand même au restaurant Verandah de l’hôtel, où je reprends la délicieuse soupe à la carotte et à l’orange de la veille. Puis, je me laisse tenter par un sandwich au homard, qui arrive recouvert de cheddar — un sacrilège pas si désagréable au fond… et je reprends du riz gluant à la mangue, comme à midi… Un vrai régal.
Pendant le dîner, j’observe le ballet des bateaux illuminés sur la rivière et je songe aux hôtes illustres de l’hôtel qui ont fréquenté cette même terrasse, à commencer par Noël Coward, mais aussi Somerset Maugham, Graham Greene ou encore Joseph Conrad (des suites de l’hôtel portent leurs noms). Un peu plus tard, dans le hall où joue un trio à cordes, je ferme les yeux et imagine les allées et venues des élégantes en robe blanche à l’ouverture de l’hôtel dans les années 1860.
De retour à ma suite, je règle les détails de mon départ plus que matinal avec le majordome et me prépare à me coucher très tôt en sirotant une camomille.
Les Chinoises plus jolies que les Thaï ? Étrange, il semblerait bien de la part de gens ayant visité les deux pays que les secondes sont beaucoup plus jolies que les premières (et je confirme : les Chinoises sont dans l'ensemble moche, avec quelques très très très rares au delà du divin ; et rien entre les deux). Mais peut-être que c'est comme en France : seules les plus jolies ont immigré (ou émigré, tout dépend le point de vue). C'est très important, comme question, à budget limité il faut choisir le meilleur endroit pour faire du tourisme sexuel, c'est bien connu ! :D (d'ailleurs, si tu pouvais me ramener des prospectus, ce serait chouette :p )
Rédigé par: palpatine | 15 mai 2007 à 00h36
au lieu de t'emmener voir une fabrique de bijoux a touristes, il aurait mieux fait de te montrer le wat po. je serais un bien meilleur guide de bangkok... et meme pas un tour en tuktuk?
Rédigé par: gvgvsse | 15 mai 2007 à 22h02
palpatine > Je ne suis competent dans aucun des domaines que tu evoques...
gvgvsse > C'est curieux, c'est un commentaire habituel de ceux qui connaissent deja les endroits ou l'on se rend ("je connais le meilleur restaurant de la ville", etc.) En l'occurrence, la fabrique a surtout servi de pause cafe/toilettes... et c'est moi qui ai demande que le programme soit allege. Ce sont des vacances, pas des travaux forces... et je voulais profiter au maximum de l'Oriental, dont je revais depuis quelque temps.
Rédigé par: Laurent | 16 mai 2007 à 17h51
en general les guides emmenent les touristes dans des boutiques ou ils percoivent des commissions. impossible de resister. c'est pour cela que je ne prends jamais de guide sur pied...
Rédigé par: gvgvsse | 16 mai 2007 à 21h29
> Oui, c'est vrai, j'y ai souvent eu droit -- et pour l'avoir teste avec un groupe (en Chine), ils auraient tort de se priver compte tenu de la frenesie de depense qui semble s'emparer de certains (et surtout de certaines) a ce moment-la.
Rédigé par: Laurent | 17 mai 2007 à 16h51