Vendredi 25 mai 2007
Paro – Delhi
Je suis prêt à l’heure dite, et Kinley et Chincho me conduisent à l’aéroport comme prévu. Tout va très vite, mais je suis triste de les quitter après ces dix jours très réussis. Je leur remets à chacun un petit mot de remerciements avec quelques billets. À l’aéroport, il faut passer tous ses bagages aux rayons X avant de passer à l’enregistrement (pas un ordinateur en vue, tout est manuel) et à l’immigration. Je me rends au salon de la Royal Executive Class de Druk Air afin d’y patienter jusqu’à l’embarquement.
Le vol est bien prévu à 10h30. Les Américains arrivent à temps, d’autant que l’embarquement est légèrement retardé. On me demande d’identifier mes bagages avant de monter dans l’avion. Vol sans histoire, avec une escale à Katmandou.
Nous atterrissons à l’aéroport Indira Gandhi de Delhi. Il faut mettre les montres à l’heure : l’Inde a l’idée curieuse d’avoir un décalage de 30 minutes par rapport au Bhoutan et au Bangladesh, ce qui la met à 3h30 avant la France. Je passe l’immigration sans histoire et j’attends mes bagages en compagnie des Américains, qui se sont rendu compte dans l’avion qu’ils ont réservé une chambre d’hôtel à Delhi pour quelques heures puisque c’est le soir-même qu’ils repartent pour les États-Unis, via Paris. Il est trop tard pour l’annuler, donc ils décident d’en profiter quand même.
Quant à moi, je retrouve le représentant de mon agence à la sortie, comme prévu. Une voiture bien climatisée nous attend… et c’est tant mieux, car il fait environ 44 degrés. Le trajet entre l’aéroport et l’hôtel est pour le moins dépaysant. Le Bhoutan semble déjà bien loin. La circulation à Delhi est intense, et il semble plus normal de rouler à cheval sur les lignes au sol qu’entre elles. Les taxis à trois roues se faufilent dans tous les sens et passent leur temps à faire des embardées.
Nous arrivons à l’hôtel Imperial qui, comme l’Oriental de Bangkok, a des accents coloniaux. Le monsieur barbu qui m’ouvre la porte de la voiture me salue en faisant ce qui ressemble beaucoup à un pied de nez. Le représentant de l’agence s’occupe de mon check-in pendant que je patiente tranquillement dans un fauteuil, les bras chargés des cadeaux qu’il m’a remis : un livre, un chapeau, un sac… On m’installe dans une petite suite magnifique au mobilier tendance art déco, qui semble avoir été refaite récemment. Il y a d’ailleurs des travaux dans un couloir pas très loin.
Je suis assez cafardeux. Le Bhoutan me manque : pendant dix jours, je suis allé d’émerveillement en émerveillement dans ce beau pays et j’ai été vraiment touché par la gentillesse et la simplicité de tous ceux que j’ai croisés. Alors le dépaysement est sans doute un peu trop rapide à absorber. Comme il fait très chaud et que je fête mes retrouvailles avec l’Internet haut débit, je décide de passer l’après-midi dans ma chambre.
Seul problème : la climatisation est tellement forte que je me gèle. Ce n’est qu’en mettant les thermostats sur 25 degrés et en passant l’interrupteur de “froid” à “chaud” que j’arriverai à obtenir une température supportable… en portant un sweat shirt. Voilà qui rentabilise le transport d’un vêtement que j’avais pris surtout au cas où les nuits bhoutanaises seraient fraîches !
Vers 20h30, je descends dîner au restaurant indien de l’hôtel, le Daniel’s Tavern, où quelques musiciens créent l’ambiance idoine. Je me régale de crevettes gigantesques, grosses comme mes mains, et d’un plat de lentilles. Le serveur a suggéré de prendre du yaourt en accompagnement ; j’ai dit oui sans réfléchir, mais ça se révèle être une excellente suggestion pour tempérer le caractère un peu trop épicé à mon goût… même si le maître d’hôtel me dit trouver le mélange surprenant.
Il semble que mon combat contre le coup de soleil ne soit pas totalement perdu. J’ai la peau du front parcheminée, mais pas de traces de pelade pour l’instant.
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