Mercredi 23 mai 2007
Thimphu – Paro
Petite journée consacrée essentiellement au retour sur Paro. Nous sommes convenus avec Kinley de nous mettre en route à 8h, de manière à profiter du premier créneau d’ouverture de la route entre Thimphu et Paro, qui est ensuite fermée entre 9h30 et 12h30. Le voyage rappelle beaucoup l’aller : pittoresque et chahuté. Kinley est en verve : il raconte de nombreuses histoires, plaisanteries,… pour le plus grand plaisir de Chincho (qui parle rarement anglais, mais qui le comprend parfaitement).
Comme nous arrivons sur Paro peu après 10h, nous faisons quelques détours avant de rejoindre l’hôtel. Nous commençons par visiter un temple du 7ème siècle, l’un des plus anciens du pays. Une prière est en cours, mais nous entrons quand même pour jeter un coup d’œil à l’autel.
Puis nous nous lançons dans une grande promenade à travers les champs, sous un soleil de plomb. Kinley me fait remarquer que la grande taille des fermes atteste de la relative prospérité des paysans du coin. Les champs sont nettement agencés, avec des dénivelés permettant d’organiser l’irrigation. On voit aussi bien des charrues traditionnelles tirées par des bœufs que des engins électriques récents. Kinley me raconte qu’un immigré japonais a beaucoup fait progresser l’utilisation de machines électriques. Nous voyons des pommiers, des champs de poivrons/piments, des rizières…
Sauf dans le sud du pays, ce sont les filles qui héritent. Les fils n’ont plus qu’à se chercher une jeune-fille correctement dotée. Je trouve cela curieux dans un pays qui a toujours été gouverné par des hommes… même si, de toute évidence, les femmes ne se contentent pas de jouer des rôles de second plan.
Nous nous dirigeons finalement vers l’hôtel, où je retrouve ma chambre n°2 comme au début de mon voyage. Je déjeune au restaurant, puis passe l’après-midi à me prélasser. Dans la bibliothèque de l’hôtel, je découvre un petit livre de Joanna Lumley relatant un voyage qu’elle a fait au Bhoutan il y a une dizaine d’années sur les traces de son grand-père, le Lieutenant-Colonel J. L. R. Weir. Ce dernier, officier politique anglais au Sikkim, avait en effet effectué un grand voyage au Bhoutan en 1931 afin de remettre les insignes de KCIE au deuxième roi du Bhoutan. Exactement comme John Claude White, dont j’admirais les photos il y a deux jours, l’avait fait vingt-cinq ans plus tôt avec le premier roi.
J’ai réservé un créneau au spa à 16h30 pour me faire masser. Mon masseur, pourtant du style poids plume, ne donne pas dans la dentelle. Je serre un peu les dents par moments, mais je ressors euphorisé et avec l’impression d’avoir grandi de deux ou trois centimètres.
J’avance dans la lecture de la biographie du danseur, chorégraphe et metteur en scène Gower Champion, créateur notamment des comédies musicales Bye, Bye, Birdie, Carnival et Hello, Dolly!
Le dîner (salade de haricots verts et gnocchis) me confirme que la cuisine est de bien meilleure qualité ici à Paro. Je me fais remettre de l’argent liquide par l’hôtel de manière à pouvoir laisser de petites enveloppes à Kinley et à Chincho lors de mon départ. Difficile de décider du montant : ils m’auront supporté et accompagné au total pendant dix jours.
Pas de cadeau sur mon lit ce soir : ça commence à sentir la fin. J’avais laissé un sac de linge sale sur mon lit vers 18h. Lorsque je reviens à 22h30, tout est déjà lavé, repassé et plié. Ça, c’est du service.
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