Tokyo
Notre guide, Noriko, nous attend à 9h dans le hall de l’hôtel comme prévu. La journée va être consacrée à une visite des principaux lieux touristiques de Tokyo.
Nous nous arrêtons d’abord au “City Hall”, le siège du gouvernement local. On peut y profiter d’une vue panoramique sur la ville depuis le 45ème étage. Aujourd’hui, elle n’est malheureusement pas assez dégagée pour voir le Mont Fuji.
Notre étape suivante est le Meiji Shrine, le tombeau de l’empereur Meiji, mort en 1912 après avoir été l’artisan de l’ouverture du Japon sur le reste du monde après 250 ans de repli sur lui-même. Le tombeau est un lieu de culte shintoïste. On trouve partout le symbole du chrysanthème, emblème de la famille impériale. Noriko en profite pour nous expliquer les principales différences entre le shintoïsme (qu’elle décrit comme un culte des éléments et de la nature) et le bouddhisme (qu’elle décrit comme une recherche de l’oubli de la préoccupation pour soi-même). Elle-même est protestante, mais elle nous dit que la plupart des Japonais ne choisissent pas entre les deux religions, et qu’ils ont tendance à choisir le culte shintoïste pour les événements heureux comme les mariages ou les naissances et le culte bouddhiste pour les événements tristes comme les décès.
On reconnaît les temples shintoïstes à leur “torii gate”, la porte en bois située aux abords. Contrairement aux temples bouddhistes qui sont encombrés de statues et de décorations diverses, les temples shintoïstes sont simples, dépouillés, paisibles. Les fidèles sont invités à laisser des offrandes sous diverses formes, notamment des barils de sake que les prêtres revendront ensuite en petites doses pour se constituer un revenu. Après une purification des mains et de la bouche, la prière consiste à faire l’offrande d’une pièce de monnaie puis à frapper deux fois dans ses mains pour attirer l’attention des dieux. Nous assistons aussi à une sorte de prière collective d’un groupe d’hommes en costumes ; Noriko nous dit qu’il faut avoir fait une donation pour accéder à ce type de prière et que ces hommes prient vraisemblablement pour la prospérité de leur entreprise. Pendant qu’ils prient, un prêtre tape sur un énorme tambour. Il est frappant de constater que tout semble découler des offrandes des fidèles. On peut aussi acheter des “emas”, sur lesquels on inscrit ses souhaits/prières, avant de les accrocher avec les autres. Une fois par an, ils sont brûlés pour faire place aux souhaits de la nouvelle année.
Nous passons sur Omotesando, “les Champs-Élysées de Tokyo”. Toutes les enseignes de luxe sont présentes. Nous remarquons en particulier la boutique Prada, conçue par les architectes Herzog et de Meuron (ceux de la Tate Modern de Londres et de l’Allianz Arena de Munich). À côté, la boutique Cartier a également fière allure.
Nous passons à proximité du Palais du Dauphin, de la National Guest House, la maison réservée à l’hébergement des hôtes de l’état japonais (que Noriko résume par une formule : “Buckingham à l’extérieur, Versailles à l’intérieur”) et de l’école privée fréquentée par les enfants de la famille impériale... mais qui fut aussi l’école de Yoko Ono, issue d’une famille de notables. Nous nous arrêtons quelques instants devant le Parlement avant de faire quelques pas aux abords du Palais Impérial
, dont les douves sont habitées par des cygnes blancs offerts par l’Allemagne et des cygnes noirs offerts par l’Autriche. Nous prenons la photo touristique de Tokyo par excellence, celle des deux ponts parallèles qui marquent l’entrée dans le Palais.
Notre étape suivante est le quartier de Ginza, surnommé “la Cinquième Avenue de Tokyo”. Nous faisons une escale à Yamano Music, un immense magasin de DVD et de CD. Nous pourrions sans problème passer le reste de la journée dans le rayon classique, qui propose de nombreux enregistrements introuvables ou épuisés en France, notamment des rééditions d’enregistrements anciens. Mais il est temps de déjeuner et nous optons pour un
shabu shabu. Le restaurant est divisé en petits recoins privés. Les serveuses apportent une marmite d’eau qu’elles mettent à bouillir sur un réchaud à gaz au centre de la table. Nous disposons chacun de fines tranches de bœuf que l’on plonge quelques instants dans l’eau bouillante pour les cuire avant de les plonger dans une sauce (la sauce au sésame est remarquable) et de les manger accompagnées d’un peu de riz cuit à la vapeur. Il y a aussi des légumes, du tofu et des nouilles que l’on plonge dans l’eau bouillante. À la fin, le reliquat de bouillon est versé dans des verres et devient un potage qui finit agréablement le repas.
Nous reprenons la voiture et, après un bref arrêt devant le Théâtre Kabuki, nous allons visiter le plus grand temple bouddhiste de Tokyo, le Senso-ji, érigé pour abriter une statuette en or d’une divinité trouvée par deux pêcheurs au 7ème siècle. On y accède par la Nakamise-dori, longue rue bordée de boutiques traditionnelles proposant des vêtements,
des poupées, des friandises,... On admire une pagode à quatre (ou cinq, selon la façon de compter) niveaux, reconstruite après la guerre, avant d’accéder au bâtiment principal, où le rite de la prière semble identique à celui du temple shintoïste visité ce matin. Pour cent yens, on peut acheter un horoscope. S’il est défovarable, on l’attache à un panneau afin que les dieux puissent modifier le sort ; s’il est favorable, on part rassuré. Dans tous les cas, on s’en sort à bon compte.
Nous faisons une dernière étape devant le Théâtre Takarazuka, où des troupes exclusivement féminines se produisent dans des spectacles tenant de la revue, de la comédie musicale, ... avec des variations locales. En ce
moment, le spectacle à l’affiche est La Rose de Versailles, une création locale qui est l’un des grands succès du théâtre. Dans un théâtre voisin, on donne Elisabeth, une comédie musicale qui a connu ces dernières années un gros succès en Allemagne et en Autriche. On annonce pour bientôt une production de Me and My Girl, une comédie musicale anglaise.
Retour à l’hôtel. Nous faisons un tour chez Tsutaya, un magasin de CD et de DVD installé dans le complexe de Roppongi Hills. J’ai envie de me moucher mais me réfugie aux toilettes pour le faire, notre guide indiquant qu’il était fort mal vu de se moucher en public au Japon. Sur le chemin du retour, nous nous rendons compte qu’il est totalement interdit de fumer dans le quartier, y compris à l’extérieur,
sauf dans des cabanes
aux parois de verre conçues à cet effet. Le paradis ! Nous savourons un verre de Piper au “Club Lounge” de l’hôtel et dînons, pour changer, au restaurant Fiorentina, d’inspiration italienne. J’y déguste une pizza Quattro Formaggi et un Tiramisu fort honnêtes.
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