Kyoto – Nara – Kyoto
Nous retrouvons Mieko pour une journée consacrée essentiellement à la visite de Nara, qui se trouve à un peu plus d’une heure de route de Kyoto.
Avant de quitter Kyoto, nous nous arrêtons brièvement devant Chion-in, le temple bouddhiste doté de la porte la plus monumentale de tout le Japon. Nous passons également dans quelques ruelles de Gion, un quartier ancien préservé de Kyoto.
À mi-chemin de Kyoto et de Nara, dans la ville d’Uji, nous visitons le temple Byodo-in. Nous pensions que notre capacité d’émerveillement allait s’émousser progressivement, mais il n’en est rien. Ce temple, situé sur un lac, est placé sous le signe du phénix, qui donne d’ailleurs aussi au bâtiment sa forme générale : temple central, deux ailes, une “queue”. L’ensemble dégage une impression d’harmonie suprême. Y réside un bouddha entouré de divinités placées sur des petits nuages. Un dessin du temple figure sur les pièces de 10 yens.
Un musée (Hoshokan) a été construit à proximité. Il est hébergé dans un bâtiment à l’architecture superbe, conçu par Akira Kuryu, dont le style rappelle beaucoup celui de Yoshio Taniguchi, l’artisan de la réfection du MoMA à New York. On y découvre des objets prélevés dans le temple ainsi qu’une reconstitution en images de synthèse de la décoration originelle intérieure du bâtiment.
Nous poursuivons notre route pour Nara, où notre première étape est le Todai-ji, un somptueux temple bouddhiste qui parvient encore à nous couper le souffle. Le bâtiment principal en bois, reconstruit au 17ème siècle, abrite un Bouddha en bronze de 15 mètres de haut, datant du 8ème siècle. Il est flanqué de deux divinités, dont l’une est Kannon, que nous rencontrons dans quasiment tous les temples bouddhistes que nous visitons. Une cérémonie a eu lieu il y a deux jours : on peut encore voir des décorations ici et là. Aux abords du temple, de nombreux daims en liberté font le bonheur des visiteurs, surtout des enfants.
Nous déjeunons dans un restaurant japonais, de sushi, tempura et nouilles. J’en profite pour reposer quelques questions à Mieko sur des
caractères kanji souvent rencontrés lors de nos visites. Ainsi, 堂 (“do”) signifie hall (nous parlons en anglais...) Nous avons vu ce caractère, par exemple, sur des panneaux indiquant l’entrée d’un temple : 入堂囗. Ou encore dans le nom du temple visité hier à Kyoto : 三十三間堂 (“Sanjusangen-do”), où le quatrième caractère, prononcé “gen”, signifie “entre” — il s’agit en l’occurrence du temple avec 33 espaces entre les colonnes. Le caractère 間 est l’un des dérivés de la racine 門 (“mon”), qui signifie “porte”.
Nous visitons ensuite une maison traditionnelle de marchand, dont Mieko nous explique les principales caractéristiques : façade très étroite car elle constituait l’assiette de calcul des impôts locaux, plan tout en profondeur autour d’un jardin intérieur permettant de laisser passer la lumière du soleil, étage pour loger les employés, bâtiment séparé aux murs épais pour le stockage des marchandises,... Nous reconnaissons plusieurs caractéristiques de notre ryokan de Hakone.
Après un bref arrêt au temple Kofuko-ji, destiné principalement à photographier sa pagode de quatre étages, nous nous dirigeons vers le sanctuaire shintoïste
Kasuga. Environ 3000 lanternes de pierre et de bronze, représentant des dons des familles de la région, se situent aux abord du sanctuaire. Deux fois par an, elles sont toutes allumées. Il paraît que c’est une vision inoubliable.
De retour à Kyoto, nous passons quelques instants dans un magasin d’artisanat local avant de regagner l’hôtel. Pour changer, nous dînons dans le restaurant “international”, qui propose pendant le mois de mai un buffet d’inspiration italienne (sans pâtes ni pizza ni caprese).
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