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Jour 1 – Dimanche 7 mai

Paris – Hong-Kong

Ça y est, c’est parti... Ce n’est que la deuxième fois de ma vie que je vais en Asie, après un magnifique voyage en Chine (Beijing - Xian - Shanghai) il y a quatre ans.

Cx260 Donc, ce matin, destination Roissy pour attraper le vol CX260 de Cathay Pacific destination Hong-Kong. Grâce au pré-enregistrement par Internet, les formalités d’enregistrement sont rapidement expédiées. Le salon de Cathay Pacific se situe sur la mezzanine du Terminal 2A ; on peut se mettre dans l’ambiance en y dégustant du riz cantonnais en attendant l’embarquement. Nos places, 86H et 86K, sont sur le pont supérieur du 747. Les hôtesses — il ne semble y avoir que des femmes — sont aux petits soins ; leurs sourires ne quittent jamais leurs visages. Après l’apéritif et le dîner, on s’endort tant bien que mal bien qu’il ne soit guère que 17h à notre horloge biologique, mais 23h déjà à l’heure de Hong-Kong.

Rédigé par Laurent | Lien permanent | Commentaires (0)

Jour 2 – Lundi 8 mai

Hong-Kong

Toujours à bord du vol CX260 destination Hong-Kong. Deux appliques à l’avant de la cabine distillent une lumière polychromatique : les couleurs de l’arc en ciel se succèdent. Les hôtesses servent le petit-déjeuner. En guise de plat chaud, nous choisissons l’assortiment de dim sum avec des nouilles sautées, qui nous met d’emblée dans l’ambiance.

Atterrissage sans histoire ; le nouvel aéroport est bien moins pittoresque que le précédent. À la sortie de l’avion, une caméra infra-rouge soumet les passagers à un contrôle de température. Essaient-ils de repérer des passagers malades ? Une fois l’immigration passée et les bagages récupérés, nous nous dirigeons vers le comptoir de l’Hôtel Intercontinental, d’où l’on nous conduit à notre “limo” et à son chauffeur en livrée blanche, qui nous tend deux bouteilles d’eau et deux lingettes désinfectantes. La route entre l’aéroport et la ville n’est pas particulièrement spectaculaire, mais on se rend déjà bien compte de l’intensité du trafic portuaire.

Vue À l’hôtel, une jeune femme nous attend à la descente de la voiture pour nous conduire directement dans notre chambre, d’où la vue sur la baie et sur l’île de Hong-Kong est à couper le souffle, d’autant que notre chambre est dans un angle du bâtiment, ce qui rend la vue encore plus panoramique. La lumière est curieuse ; il y a des nuages et de la brume un peu partout, en déplacement continuel. Des bateaux de toutes sortes, dont les fameux Star Ferries, circulent en permanence : il y a quelque chose de fascinant dans ce ballet un peu désordonné. Quelques minutes après notre installation, on nous apporte deux tasses de thé “puits du dragon”, l’un de nos préférés.

Nous prenons un deuxième petit-déjeuner au “Club Lounge” avant de tenter de mettre le nez dehors. Nous faisons quelques pas le long de la promenade au bord de l’eau avant de battre en retraite, effrayés par le soleil écrasant et par l’humidité.

Quelques heures plus tard, la chaleur est devenue plus tolérable. Nous entrons chez un marchand de journaux pour acheter des bouteilles d’eau... et le premier magazine que nous voyons est le New Yorker! Le monde est décidément petit...

Nous prenons le Star Ferry en direction du quartier de Central, juste en face de notre hôtel. Central est le quartier des banques et des boutiques de luxe. Comme la circulation y est intense et la place, limitée, les piétons circulent beaucoup par des passages supérieurs reliant les premiers étages des immeubles.

Parmi les bâtiments remarquables, la tour de la HSBC, dont l’architecture intérieure semble intéressante, n’est malheureusement pas ouverte au public. La tour emblématique de Hong-Kong est celle de la Bank of China, conçue par Pei. Il paraît qu’elle n’est pas conforme aux principes de base du feng-chui. En tout cas, elle est superbe à regarder, avec sa façade découpée en facettes.

Outre le fait qu’on y parle couramment anglais, Hong-Kong continue d’afficher de nombreux signes de son passé britannique : on y roule à gauche, les bus à impériale sont nombreux, le carillon de Central sonne comme celui de Big Ben, les prises électriques sont les encombrants modèles à trois branches utilisés par nos amis anglais... Les boutiques de luxe sont les mêmes qu’ailleurs... en plus luxueux, peut-être. LVMH, Dior, Cartier, Armani, ... Ils y sont tous. Signe d’une homogénéisation mondiale rapide, il y a, comme partout, des Starbucks à tous les coins de rue... et même un Prêt à Manger.

Phantom Andrew Lloyd Webber semble nous poursuivre.

Retour à l’hôtel, d’où nous assistons, à 20h, depuis notre chambre, à un spectacle son et lumière utilisant des lumières et des lasers situés sur une trentaine d’immeubles sur l’île de Hong-Kong comme à Kowloon.

Puis nous dînons chez Spoon, l’enseigne installée aux quatre coins du monde par Alain Ducasse. Celui de Hong-Kong se trouve dans notre hôtel et offre une vue superbe sur la baie ; le plafond est littéralement tapissé de cuillers en hommage au nom des lieux. La cave à vin est très joliment mise en valeur derrière des parois de verre.

Comme le mois de mai est consacré à la France partout à Hong-Kong, Spoon propose un “Sexy French Tasting Menu” à six plats — nous n’avons pas assez de courage pour la variante à huit plats —, qui tient toutes ses promesses. Nous l’accompagnons d’un vin rouge libanais, un Château-Musar, qui nous enchante. Notre serveuse, Amber, ne parle pas très bien anglais et a encore plus de mal à prononcer les mots français qui figurent au menu, mais elle est adorable. Sa façon de prononcer “amuse-bouche” nous a immédiatement séduits.

Dernière petite promenade digestive — il fait toujours horriblement lourd. La promenade du bord de l’eau a été baptisée “Avenue of the Stars” et on y trouve des étoiles portant le nom des stars du cinéma de Hong-Kong, accompagnées dans certains cas de l'empreinte des mains de l’intéressé(e). Nous reconnaissons quelques noms : Maggie Cheung, Jet Li, Wong Kar Wai, Jackie Chan, ... Il est temps de boucler une première journée plutôt réussie.

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Jour 3 – Mardi 9 mai

Hong-Kong

Le décalage horaire aidant, nous nous réveillons un peu tard... après midi, en fait. Nous avons donc manqué le petit-déjeuner. Pour nous consoler, nous écoutons un peu de Mozart grâce au matériel présent dans la chambre, qui permet d’écouter le contenu de nos iPods sur des enceintes Bose de fort bonne qualité en les posant sur un support qui s’occupe également de les recharger.

Nous nous rabattons sur l’afternoon tea servi au “Club Lounge”. Petits sandwichs variés, pâtisseries, délicieux petits macarons... tout y est. Le summum, bien sûr : les scones avec de la clotted cream et de la confiture à la fraise. Presque mieux qu’à Londres.

Nous décidons ensuite de monter au “Peak”, ce sommet montagneux situé sur l’île de Hong-Kong, qui domine l’ensemble de la ville. Pour s’y rendre, il faut reprendre le ferry jusqu’à Central, puis emprunter le bus 15C, qui nous dépose à la station basse du “Peak Tram”. Le tramway, mis en service en 1888, achemine les touristes jusqu’au sommet en quelques minutes, en desservant quatre stations intermédiaires.

Tram Le temps est très clair et la visibilité, excellente. C’est très rare à Hong-Kong, paraît-il. Du coup, la vue que l’on découvre progressivement pendant la montée est extraordinaire.

Au sommet, des ouvriers achèvent la construction d’un bâtiment en forme d’enclume... sur des échafaudages en bambous. J’avais déjà remarqué de tels échafaudages lors de mon voyage en Chine. Les tiges de bambou ont l’air d’être fixés entre elles par des morceaux de ficelle. Je ne sais pas comment on peut avoir le courage de grimper sur un machin pareil.

PeakLes adjectifs manquent pour décrire la vue que l’on découvre du sommet, surtout compte tenu de la visibilité parfaite. Le jour commence à décliner, la lumière n’en est que plus étonnante. Difficile de s’arrêter de photographier. De certains endroits, on aperçoit le versant “sauvage” de la montagne, celui qui a échappé à l’urbanisation... pour l’instant.

Autre bonheur au sommet : il y a de l’air ! On avait presque oublié à quel point il était agréable de ne pas être écrasé par la chaleur...

Nous nous disons qu’il serait sans doute agréable de redescendre à pied plutôt que de reprendre le tram. Mais par où ? Nous demandons à l’employé du tram, mais ses explications sont incompréhensibles. Du coup, nous partons un peu au hasard, le long d’un chemin qui semble suivre la voie du tram. Au bout d’un moment, nous nous retrouvons sur une route, bordée de résidences de grand luxe. Pas de doute, elle descend. Vers où, cela semble moins clair. Nous voyons toujours bien les immeubles de Central, donc nous nous disons que nous allons dans la bonne direction, même si, compte tenu de la faible pente, il faudra sans doute un peu de temps pour arriver à destination.

Path_1 Nous croisons un chemin qui descend beaucoup plus vite que la route, mais il n’est pas éclairé. Or la nuit est déjà bien tombée. Nous l’empruntons quand même. De toute évidence, nous suivons à l’envers un chemin balisé dénommé “Central Green Trail”. La pente est ardue : je serais bien incapable de faire ce chemin dans le sens de la montée ! Nous sommes dans la forêt et la seule lumière qui subsiste est celle de la ville. Nous avons droit à quelques vues magnifiques sur la ville illuminée.

Nous continuons à croiser les paneaux du “Central Green Trail” et nous voyons bien que nous nous rapprochons de la base des immeubles. L’air disparaît petit à petit et la chaleur redevient étouffante. À la fin du parcours, trempés de transpiration, nous retrouvons les voies du tram, que nous avions perdues depuis longtemps. Nous finissons notre descente à la station basse du tram.

Nous reprenons le bus 15C et embarquons sur le ferry à 20h précises, alors que commence le son et lumière quotidien. Depuis le ferry, nous pouvons voir l’animation côté Hong-Kong, mais aussi les effets lumineux du côté de Kowloon, en particulier sur la façade de l’imposant “Museum of Art”, qui jouxte notre hôtel. Nous débarquons du ferry tout juste pour assister aux dernières notes du bouquet final du spectacle.

De retour dans notre chambre d’hôtel, nous regardons le “Peak”, d’où nous venons, et nous nous disons que nous n’aurions peut-être pas décidé de faire la descente à pied si nous avions vu les choses sous cet angle au moment de prendre notre décision.

Nous décidons de faire un tour à la piscine de l'hôtel, installée au 3ème étage. Il y a d’un côté un jacuzzi donnant sur la baie, sans séparation visible (une photo que l’hôtel utilise beaucoup dans sa promo). De l’autre côté, une piscine gigantesque et déserte nous permet de nous délasser de nos efforts de la journée. Elle nous rappelle un peu (en mieux) la piscine du Holiday Inn de la Nouvelle Orléans, elle aussi située sur un toit intermédiaire de l’hôtel ; nous y plongions avec bonheur après nos journées dans la chaleur étouffante de la Louisiane.

Pour finir la journée, nous dînons au restaurant Harbourside, au niveau inférieur de l’hôtel. On y propose un buffet absolument gigantesque. Il est bien difficile de choisir. Et nous n’avons qu’une demi-heure avant que le buffet ne ferme. Nous terminons par des kiwis et des chous à la crème en brochette que l’on plonge dans une fontaine de chocolat... Le sommeil ne devrait pas être trop dur à trouver.

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Jour 4 – Mercredi 10 mai

Hong-Kong

Horaires plus normaux pour ce dernier jour à Hong-Kong. En fin de matinée, nous nous mettons en route pour le Monastère de Po Lin, sur l’île de Lantau.

Il faut à nouveau traverser la baie pour prendre, à Central, un ferry pour Mui Wo, l’un des ports de l’île. Le panneau à l’entrée du ferry indique un prix “normal” et un prix “Deluxe”. Nous optons pour le prix “Deluxe”, pensant qu’il donne accès au pont supérieur. (C’est le cas du ferry qui traverse la baie : on paie $2.20 – environ 22 centimes d’euro – pour traverser sur le pont supérieur et seulement $1.70 pour traverser sur le point inférieur.) Une fois sur le ferry, il apparaît que le prix “Deluxe” donne en fait accès à une cabine climatisée à l’avant du pont supérieur. Quel bonheur ! La distance à couvrir n’est pas grande, mais le ferry avance au pas, et nous mettons presque une heure à parvenir à Mui Wo.

Lantau Sur place, il faut prendre le bus numéro 2 pour atteindre le monastère. Il est climatisé, lui aussi (comme tout, ici), mais surtout bondé... de touristes, qui caquètent comme des poules surexcitées pendant tout le trajet. Nous regrettons de ne pas avoir opté pour le taxi. Sur le chemin, les paysages sont superbes. Partout, le vert de la végétation et le bleu de la mer... avec ici et là quelques plages de sable. La vue est encore parfaitement dégagée.

Bouddha Le monastère de Po Lin attire les touristes essentiellement parce qu’il jouxte un bouddha géant de 26 mètres, juché au sommet d’un escalier de 220 marches. La statue a un air paisible, presque bon enfant. Au pied du bouddha, des statues de divinités semblent lui présenter des offrandes. La vue sur les vallées environnantes est magnifique.

Polin Le monastère lui-même rappelle beaucoup les temples que j’avais visités en Chine. Les moines organisent une collecte pour financer l’érection d’un bâtiment monumental derrière le temple actuel. Selon son niveau de contribution, on peut voir son nom attaché à une brique, un bouddha, etc. Le panneau se réfère à un principe bouddhique de “retour” pour récompenser les donateurs.

Nous décidons d’utiliser un moyen de transport plus rapide pour le retour : le taxi. À Hong-Kong, les taxis sont cantonnés par zone géographique. Ceux de l'île de Lantau sont bleus, mais ne peuvent quitter l’île. Nous nous faisons donc conduire à Tung Chung, une ville nouvelle qui semble être sortie du sol à l’occasion de l’installation du nouvel aéroport de Hong-Kong, qui est juste à côté. À Tung Chung, les taxis bleus forment une file d’un côté tandis que les taxis rouges, ceux qui desservent l'île de Hong-Kong ainsi que le quartier de Kowloon, forment une file séparée de l’autre côté d’une barrière. Nous laissons donc notre taxi bleu pour monter dans un taxi rouge. Je montre au chauffeur le bristol que m’a remis le concierge de l’hôtel et qui dit en chinois “merci de me conduire à l’Hôtel Intercontinental”. Ça marche…

Nous arrivons tout juste pour profiter de la fin de l’afternoon tea... après lequel, au “Club Lounge”, on sert les cocktails. Champagne Moët et petits fours de toutes sortes, dont de petits nems délicieux. Nous en profitons pour demander s’il est possible de visiter la Suite Présidentielle de l’hôtel, qui vient d’être complètement rénovée. La réponse est positive.

La suite présidentielle s’étend sur 700 mètres carrés. De sa terrasse privée, dotée d’un jacuzzi et d’une piscine “infinity” (dont le bord n’est pas visible), on a une vue imprenable sur la baie. Le séjour, dont les baies vitrées s’étendent sur deux étages, dispose d’un écran plasma géant. Il y a un bureau, une cuisine, une salle de sport équipée, une salle à manger utilisable comme salle de réunion, une chambre splendide dotée d’un “dressing” gigantesque... et une salle de bains étonnante avec une grande baignoire ronde, un sauna, un hammam... et, détail rigolo, un WC avec vue panoramique sur la baie ! Le tout décoré d’objets d’art magnifiques. Le responsable des Guest Relations, Dennis, nous présente tout cela avec un ravissement évident. La concurrence est enfoncée.

Lights Puis nous assistons pour la dernière fois au son et lumière, depuis la promenade du bord de l’eau, ce qui nous permet d’entendre la musique qui accompagne le spectacle.

Dîner chez Yu, le restaurant de l’hôtel spécialisé dans le poisson... et qui doit fermer dans quelques mois pour rouvrir ultérieurement sous l’enseigne Nobu. Je me régale d’un Eastern Star Garoupa, un poisson blanc délicieux, que j’ai commandé sauté au gingembre avec de petits légumes. Nous accompagnons d’un verre d’un très bon Pinot Gris alsacien.

Il est temps d’admirer le panorama une dernière fois en préparant nos valises pour l’étape suivante...

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Jour 5 – Jeudi 11 mai

Hong-Kong – Tokyo

Dernier passage au “Club Lounge” de l’Intecontinental avant le départ. Le personnel, toujours aussi attentif, prend soin de nous jusqu’à la dernière minute et nous pouvons faire notre check-out, envoyer nos dernières cartes postales, etc. sans quitter le salon. Lorsque nous descendons, nos bagages sont installés dans le coffre de la voiture qui nous emmène à l’aéroport.

Pier Enregistrement rapide pour le vol Cathay Pacific CX 520 de 10h30 pour Tokyo-Narita. Il faut attendre un peu aux contrôles d’immigration “sortante” puis passer la sécurité avant de marcher jusqu’à la porte 60, assez éloignée. Comme nous n’avons pas beaucoup de temps, nous renonçons à visiter le salon principal de Cathay Pacific, “The Wing” pour nous rabattre sur le salon secondaire beaucoup plus proche de notre porte d’embarquement, “The Pier”. C’est immense et très zen... et le choix de snacks et de boissons est très large ; il y a même un “noodle bar”, où l’on peut déguster des nouilles chinoises.

C’est un Airbus A330 qui assure ce vol. Nos places, 16H et 16K, sont situées vers le milieu de la classe affaires. Le service est toujours aussi irréprochable. Le petit-déjeuner n’est pas très loin, et il est difficile de complètement faire honneur au repas qui nous est proposé. Vol sans histoire. Nous atterrissons à Narita sous la pluie avec une demi-heure d’avance environ. Mais le pilote nous a prévenus avant l’atterrissage : il y aura environ 20 minutes de “taxi” après l’atterrissage. En effet... Narita rejoint Roissy et JFK dans mon esprit dans la liste des aéroports où les avions semblent devoir faire des kilomètres pour rejoindre leurs points de stationnement.

Les formalités d’immigration ne prennent pas plus de deux minutes et nos bagages sont déjà sur le tapis. L’officier de la douane nous présente un catalogue des objets dont l’importation est interdite : pornographie, drogues de toutes sortes, etc. Nous lui confirmons que nous n’avons rien de tel sur nous.

Notre chauffeur nous attend à la sortie et nous voilà partis pour Tokyo. Nous nous sommes préparés à un trajet interminable ; c’est ce que disent tous les guides, car l’aéroport est loin de la ville et la circulation peut être très chargée. En réalité, la circulation est fluide et tout va très vite. Comme à Hong-Kong, l’autoroute passe à proximité d’un parc d’attractions Disney. Ce n’est qu’une fois passé le Rainbow Bridge que nous rencontrons les embouteillages de la ville. Mais nous ne sommes plus très loin de l’hôtel.

Wc Nous arrivons donc au Grand Hyatt, un hôtel situé dans le quartier animé de Roppongi. On nous conduit rapidement à notre chambre, située au 11ème étage. Superbe décoration design, beaucoup de gadgets... avec en particulier un WC très intimidant.

Tokyo La ville est plongée dans la grisaille. Au moment de la tombée de la nuit, il semble que le temps se découvre. Nous avons donc de bons espoirs pour demain. Passage au “Club Lounge”, où nous profitons de la vue en sirotant du Roederer.

Puis nous allons faire un premier tour de reconnaissance du quartier. Rappongi Hills est un quartier très animé organisé autour d’un gigantesque centre commercial tout récent. C’est tout beau, tout nouveau... et vraiment très réussi. Nous commençons à voir la Tokyo des photos de magazine avec ses adolescents en folie et ses enseignes en lettres pastel. Nous tombons soudain nez à nez avec MamanMaman , une sculpture d’araignée de Louise Bourgeois, dont nous avions déjà vu un avatar à la Tate Modern à Londres. Le promoteur de Rappongi Hills en a fait l’acquisition pour orner une plaza.

Délicieux dîner au Roku Roku, un restaurant de poisson cru. Demain, nous partons à la découverte de Tokyo.

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Jour 6 – Vendredi 12 mai

Tokyo

Notre guide, Noriko, nous attend à 9h dans le hall de l’hôtel comme prévu. La journée va être consacrée à une visite des principaux lieux touristiques de Tokyo.

Vue_2 Nous nous arrêtons d’abord au “City Hall”, le siège du gouvernement local. On peut y profiter d’une vue panoramique sur la ville depuis le 45ème étage. Aujourd’hui, elle n’est malheureusement pas assez dégagée pour voir le Mont Fuji.

Shrine Notre étape suivante est le Meiji Shrine, le tombeau de l’empereur Meiji, mort en 1912 après avoir été l’artisan de l’ouverture du Japon sur le reste du monde après 250 ans de repli sur lui-même. Le tombeau est un lieu de culte shintoïste. On trouve partout le symbole du chrysanthème, emblème de la famille impériale. Noriko en profite pour nous expliquer les principales différences entre le shintoïsme (qu’elle décrit comme un culte des éléments et de la nature) et le bouddhisme (qu’elle décrit comme une recherche de l’oubli de la préoccupation pour soi-même). Elle-même est protestante, mais elle nous dit que la plupart des Japonais ne choisissent pas entre les deux religions, et qu’ils ont tendance à choisir le culte shintoïste pour les événements heureux comme les mariages ou les naissances et le culte bouddhiste pour les événements tristes comme les décès.

Gate On reconnaît les temples shintoïstes à leur “torii gate”, la porte en bois située aux abords. Contrairement aux temples bouddhistes qui sont encombrés de statues et de décorations diverses, les temples shintoïstes sont simples, dépouillés, paisibles. Les fidèles sont invités à laisser des offrandes sous diverses formes, notamment des barils de sake que les prêtres revendront ensuite en petites doses pour se constituer un revenu. Après une purification des mains et de la bouche, la prière consiste à faire l’offrande d’une pièce de monnaie puis à frapper deux fois dans ses mains pour attirer l’attention des dieux. Nous assistons aussi à une sorte de prière collective d’un groupe d’hommes en costumes ; Noriko nous dit qu’il faut avoir fait une donation pour accéder à ce type de prière et que ces hommes prient vraisemblablement pour la prospérité de leur entreprise. Pendant qu’ils prient, un prêtre tape sur un énorme tambour. Il est frappant de constater que tout semble découler des offrandes des fidèles. On peut aussi acheter des “emas”, sur lesquels on inscrit ses souhaits/prières, avant de les accrocher avec les autres. Une fois par an, ils sont brûlés pour faire place aux souhaits de la nouvelle année.

Prada Nous passons sur Omotesando, “les Champs-Élysées de Tokyo”. Toutes les enseignes de luxe sont présentes. Nous remarquons en particulier la boutique Prada, conçue par les architectes Herzog et de Meuron (ceux de la Tate Modern de Londres et de l’Allianz Arena de Munich). À côté, la boutique Cartier a également fière allure.

Nous passons à proximité du Palais du Dauphin, de la National Guest House, la maison réservée à l’hébergement des hôtes de l’état japonais (que Noriko résume par une formule : “Buckingham à l’extérieur, Versailles à l’intérieur”) et de l’école privée fréquentée par les enfants de la famille impériale... mais qui fut aussi l’école de Yoko Ono, issue d’une famille de notables. Nous nous arrêtons quelques instants devant le Parlement avant de faire quelques pas aux abords du Palais ImpérialBridges_1 , dont les douves sont habitées par des cygnes blancs offerts par l’Allemagne et des cygnes noirs offerts par l’Autriche. Nous prenons la photo touristique de Tokyo par excellence, celle des deux ponts parallèles qui marquent l’entrée dans le Palais.

Notre étape suivante est le quartier de Ginza, surnommé “la Cinquième Avenue de Tokyo”. Nous faisons une escale à Yamano Music, un immense magasin de DVD et de CD. Nous pourrions sans problème passer le reste de la journée dans le rayon classique, qui propose de nombreux enregistrements introuvables ou épuisés en France, notamment des rééditions d’enregistrements anciens. Mais il est temps de déjeuner et nous optons pour un Shabu shabu shabu. Le restaurant est divisé en petits recoins privés. Les serveuses apportent une marmite d’eau qu’elles mettent à bouillir sur un réchaud à gaz au centre de la table. Nous disposons chacun de fines tranches de bœuf que l’on plonge quelques instants dans l’eau bouillante pour les cuire avant de les plonger dans une sauce (la sauce au sésame est remarquable) et de les manger accompagnées d’un peu de riz cuit à la vapeur. Il y a aussi des légumes, du tofu et des nouilles que l’on plonge dans l’eau bouillante. À la fin, le reliquat de bouillon est versé dans des verres et devient un potage qui finit agréablement le repas.

Nous reprenons la voiture et, après un bref arrêt devant le Théâtre Kabuki, nous allons visiter le plus grand temple bouddhiste de Tokyo, le Senso-ji, érigé pour abriter une statuette en or d’une divinité trouvée par deux pêcheurs au 7ème siècle. On y accède par la Nakamise-dori, longue rue bordée de boutiques traditionnelles proposant des vêtements, Sensoji des poupées, des friandises,... On admire une pagode à quatre (ou cinq, selon la façon de compter) niveaux, reconstruite après la guerre, avant d’accéder au bâtiment principal, où le rite de la prière semble identique à celui du temple shintoïste visité ce matin. Pour cent yens, on peut acheter un horoscope. S’il est défovarable, on l’attache à un panneau afin que les dieux puissent modifier le sort ; s’il est favorable, on part rassuré. Dans tous les cas, on s’en sort à bon compte.

Nous faisons une dernière étape devant le Théâtre Takarazuka, où des troupes exclusivement féminines se produisent dans des spectacles tenant de la revue, de la comédie musicale, ... avec des variations locales. En ce Rose moment, le spectacle à l’affiche est La Rose de Versailles, une création locale qui est l’un des grands succès du théâtre. Dans un théâtre voisin, on donne Elisabeth, une comédie musicale qui a connu ces dernières années un gros succès en Allemagne et en Autriche. On annonce pour bientôt une production de Me and My Girl, une comédie musicale anglaise.

Retour à l’hôtel. Nous faisons un tour chez Tsutaya, un magasin de CD et de DVD installé dans le complexe de Roppongi Hills. J’ai envie de me moucher mais me réfugie aux toilettes pour le faire, notre guide indiquant qu’il était fort mal vu de se moucher en public au Japon. Sur le chemin du retour, nous nous rendons compte qu’il est totalement interdit de fumer dans le quartier, y compris à l’extérieur, Smokingsauf dans des cabanes aux parois de verre conçues à cet effet. Le paradis ! Nous savourons un verre de Piper au “Club Lounge” de l’hôtel et dînons, pour changer, au restaurant Fiorentina, d’inspiration italienne. J’y déguste une pizza Quattro Formaggi et un Tiramisu fort honnêtes.

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Jour 7 – Samedi 13 mai

Tokyo

Jour pluvieux sur Tokyo. Comme nous n’avions pas de programme précis pour aujourd’hui, ce n’est pas très grave.

Nous décidons de rejoindre à pied le quartier de Shibuya, qui n’est pas très éloigné de l’hôtel. Mais, au bout d’un moment, nous nous rendons compte que nous sommes partis dans le mauvais sens. Le temps de nous remettre sur le bon chemin, la pluie et le froid (relatif) ont raison de nos bonnes intentions et nous décidons de tenter la grande aventure en prenant le métro.

L’aspect le plus difficile n’est pas de trouver un itinéraire, mais d’acheter nos billets au distributeur. Le prix des billets dépend de la distance parcourue, ainsi que d’une éventuelle correspondance entre le réseau “Tokyo Metro” et les quatre lignes qui n’en dépendent pas. Du coup, le premier billet que Metro nous achetons n’est pas valable. Heureusement, le personnel est aux petits soins, sans doute habitué aux touristes en perdition, et on nous remet rapidement sur la bonne voie. Le trajet lui-même est facile : les lignes ont un code couleur, les stations sont numérotées, les principaux panneaux sont transcrits en caractères latins. Trois stations et une correspondance plus loin, nous arrivons donc dans le quartier de Shibuya.

Nouveau défi : se repérer à la sortie du métro. Les rues ici n’ont pas nécessairement de nom. On se Perplexes repère davantage par rapport aux quartiers ou même aux pâtés de maisons. Nous constatons avec un certain soulagement que nous ne sommes pas les seuls à observer avec une certaine perplexité le plan du quartier : les Tokyoïtes ont l’air aussi désorientés que nous par la complexité de leur ville. Mais tout s’arrange lorsque nous comprenons que la boussole qui montre le nord pointe vers le bas : nous nous y retrouvons par rapport aux différents plans que nous avons pris avec nous... et nous repérons à peu près notre première destination : le magasin Tower Records.

Shibuya Dans la rue, nous retrouvons l’image de Tokyo courante chez les occidentaux : des enseignes partout, les trottoirs bondés, notamment de jeunes en goguette ce samedi, les passages-piétons dans tous les sens, y compris en diagonale dans les carrefours, ... Et il pleut toujours.

Le Tower Records est immense. Après un détour par le rayon DVD, nous passons beaucoup de temps au rayon des CD classiques, qui est hallucinant. Il semble que tout ce qui ait jamais été édité y soit présent, y compris des articles disparus depuis longtemps des boutiques de Paris, Londres et New York, sans parler de ce qui semble n’avoir jamais été édité en-dehors du Japon. Le rayon des enregistrements historiques est particulièrement remarquable. Difficile de ne pas emporter tout le stock du magasin...

Nous jetons un coup d’œil au Disney Store avant d’aller déguster un snack au 6ème étage d’un autre magasin de CD et de DVD, Tsutaya, dont nous avons déjà visité la boutique de Roppongi Hills. Puis nous faisons un tour dans un grand magasin, Seibu, car je souhaite m’acheter une montre : la mienne — ou du moins son bracelet — a rendu l’âme hier. Je choisis finalement un modèle signé Frank Gehry. Muji Très chic... Au passage, nous remarquons l’immense rayon de la marque Muji, qui propose beaucoup plus d’articles qu’en France. Une affiche publicitaire semble laisser entendre qu’ils proposent même des maisons...

Il est temps de reprendre le métro pour revenir à l’hôtel. L’achat des billets est cette fois un jeu d’enfant... et nous rentrons, toujours sous la pluie. Il est temps d’écouter quelques-unes des acquisitions de la journée.

Après notre désormais traditionnelle coupe de champagne nocturne au “Club Lounge”, nous optons pour un nouveau dîner de poisson cru chez Roku Roku. Cette fois, nous nous installons au “bar”, face au chef, qui réalise nos sashimi et sushi devant nos petits yeux ébahis et nos estomacs contentés. C’est un peu intimidant, d’autant que nous sommes les derniers clients de la soirée, mais c’est aussi très impressionnant.

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Jour 8 – Dimanche 14 mai

Tokyo – Kamakura – Tokyo

Nous retrouvons notre guide Noriko pour une journée consacrée à la visite de quelques temples et sanctuaires à Kamakura, une ville côtière située à environ une heure de route au sud de Tokyo, qui fut la capitale du Japon de 1192 à 1333. C’est de cette époque que datent généralement les nombreux édifices religieux de Kamakura, dont l’histoire est inextricablement liée aux dynasties de shoguns et de régents. Ce sera une journée d’émerveillement permanent car les temples, déjà très impressionnants par eux-mêmes, sont généralement situés dans de superbes jardins empreints de sérénité et de grâce.

HokokuNotre première étape est le petit temple bouddhiste de Hokoku-ji, surtout remarquable pour sa forêt de bambous.

Nous visitons ensuite Hachiman-gu, le plus grand sanctuaire shintoïste de Kamakura. Des couples mariés viennent y recevoir une bénédiction, ainsi que les enfantsHachiman nouveaux-nés (au 31ème jour pour les garçons et au 33ème jour pour les filles).

Puis nous nous dirigeons vers le temple Hase-dera, consacré à Kannon, la déesse de la Hasemiséricorde. Un jardin y est consacré à Jizo, la divinité protectrice des enfants. D’innombrables statuettes sont déposées en mémoire des enfants morts-nés ou morts en bas âge.

Notre étape suivante nous conduit au Daibatsu, le grand bouddha de Kamakura,Daibatsu haut de plus de treize mètres. Il n’existe qu’un bouddha plus grand au Japon, il se trouve à Nara. Un tsunami a emporté le temple qui entourait le grand bouddha il y a bien longtemps ; la statue est donc maintenant en plein air. Contrairement à celui de l’île de Lantau, ce bouddha a les mains jointes. Les fidèles pensent qu’un jour, le bouddha se lévera... et ils lui ont donc préparé d’immenses pantoufles tenues à sa disposition à proximité.

The Pendant notre visite a lieu une cérémonie du thé. Noriko nous explique que ce rite est très codifié. Celui à qui l’on sert le thé, par exemple, commence par remercier, puis il tourne le bol en trois petits mouvements pour que le motif principal en soit tourné vers l'extérieur. Il boit ensuite le thé en trois gorgées, suivies d’une demi-gorgée bruyante (“il m’a tellement plu que je l’ai bu jusqu’à la dernière gorgée”). Pour finir, il admire le bol et s’enquiert auprès de son hôtesse de sa provenance, du nom de l’artiste qui l’a décoré, etc. Nous observons parmi les participants à la cérémonie plusieurs dames en jolis kimonos qui respectent le rituel. Noriko nous dit qu’il faut au minimum trois ans d’étude pour maîtriser toutes les subtilités de la cérémonie du thé. Elle-même a étudié un an avant d’abandonner...

BentoIl est temps de déjeuner dans l’étonnant restaurant Rai-Tei, situé au milieu d’un magnifique jardin de 10 hectares décoré de reliques bouddhistes, dans lequel se trouve une autre forêt de bambous. Le restaurant se spécialise dans la confection des “soba noodles”, des nouilles à la farine de sarrasin que l’un déguste après les avoir trempées dans une sauce au soja. On nous apporte des plateaux magnifiquement agencés ; le repas est délicieux.

Dernière étape au sanctuaire Zeniarai Benten Shrine, où une croyance veut que les pièces lavéesZeniarai dans le ruisseau voient leur valeur doubler. Les visiteurs s’affairent... Certains lavent des billets, y compris des dollars !

Il est temps de revenir vers Tokyo, où nous retrouvons quelques embouteillages.

Nous décidons ensuite de faire un tour à la piscine de l’hôtel, qui est un petit bijou de design. Trois voies d’eau de 50 mètres jouxtent un jacuzzi aux parois translucides éclairées de l’intérieur. Il n’y a personne ; nous avons la piscine pour nous seuls.

Dîner au restaurant French Kitchen, l’un des cinq ou six restaurants de l’hôtel, où je choisis un “Steak Frites, Parisian brasserie style”. C’est presque meilleur que l’original.

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Jour 9 – Lundi 15 mai

Tokyo

TowerCe dernier jour à Tokyo est ensoleillé. Nous décidons donc de marcher jusqu’à la Tokyo Tower, monstre d’acier de 333 mètres de hauteur... et qui peut donc se targuer de dépasser de trois mètres la Tour Eiffel dont elle est pourtant inspirée. Du premier niveau situé à 150 mètres, nous découvrons une vue magnifique sur la ville. Nous commençons à nous repérer un peu... et nous reconnaissons notamment le Rainbow Bridge, le parc du Palais Impérial... et la gigantesque Mori Tower, le point central de Rappongi Hills, le quartier de notre hôtel. Nous redescendons à pied.

Puis nous prenons un taxi en direction du jardin de Koishikawa Korakuen, un superbe jardin traditionnel du 17ème siècle qui était jadis beaucoup plus vaste que les huit hectares qui en ont étéLune préservés. Nous choisissons de suivre le chemin de 1,4 km qui permet de voir l’essentiel du jardin en une petite heure. L’un des ponts du jardin est surnommé le pont de la pleine-lune (Engetsukyo) car si l’on regarde l’arche du pont et son reflet dans l’eau, on voit un cercle presque parfait.

Puis nous décidons de prendre le métro pour rejoindre le quartier d’Omote-sando. L’achat du billet et le voyage sont un jeu d’enfant. Il y a des panneaux très clairs partout. Nous sommes frappés par la propreté absolue du métro. Si seulement le métro parisien pouvait être aussi propre !

OmotesandoNous flânons dans le quartier commerçant d’Omote-sando. Comme à Roppongi, il semble y avoir beaucoup d’occidentaux. Nous prenons une rapide collation dans le centre commercial “Omote-sando Hills”, dont l’architecture intérieure est très réussie. Puis nous décidons de retourner vers l’hôtel. En chemin, nous repassons devant la boutique Prada de Herzog & de Meuron.Prada_1

Nous nous sentons presque à l’aise pour naviguer dans les rues de Tokyo. Il y a des plans partout. Même lorsqu’il n’y a que des inscriptions en japonais, ils aident à s’orienter. Nous sommes donc très fiers lorsque nous parvenons sans encombre à notre hôtel.

Après un passage par la piscine — que nous avons encore preque pour nous seuls — et un dernier passage au “Club Lounge”, nous dînons à Shunbou, le deuxième restaurant japonais de l’hôtel. Nous notons sur la carte les plats que nous avons découverts les jours précédents, notamment le shabu-shabu et les nouilles “soba” à la farine de sarrasin. Nous dînons de sashimi et d’un assortiment de tempura, dont des tempura au homard éblouissantes.

CityviewNous finissons la soirée au Tokyo City View, installé au 52ème étage de la Mori Tower qui jouxte notre hôtel, et d’où la vue sur Tokyo illuminé est saisissante. Nous voyons particulièrement bien le trafic sur l’aéroport d’Haneda ainsi que les deux grandes roues (ferris wheels) de Tokyo, qui sont animées de mille couleurs. C’est une très belle façon de dire au revoir à une ville que nous avons déjà envie de revoir avant même de l’avoir quittée.

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Jour 10 – Mardi 16 mai

Tokyo – Hakone

Après un dernier petit-déjeuner au restaurant Fiorentina, au rez-de-chaussée de l’hôtel, nous retrouvons Noriko pour commencer notre périple vers Hakone, une zone montagneuse magnifique classée parc naturel qui s’organise autour d’un lac volcanique et qui, lorsque le temps le permet (environ 30% du temps, nous dit Noriko), est un point de vue idéal pour admirer le Mont Fuji dans toute sa majesté.

Malheureusement, les dieux ne sont pas avec nous, et le temps est gris et pluvieux. Nous passerons notre journée à nous entendre dire que, de tel endroit, “on voit bien le Mont Fuji par temps clair”.

Odawara Premier arrêt à Odawara, dont la spécialité est la fabrication d’une préparation à base de poisson que Noriko décrit comme des fish cakes, même si cela ne ressemble guère à un gâteau. L’une des usines a aménagé un espace pédagogique qui dit tout de la fabrication de ces fish cakes, et l’on peut observer des ouvriers à l’œuvre à travers une immense paroi de verre.

Checkpoint D’Odawara, on s’engage sur les routes montagneuses en direction de Hakone. Nous visitons le checkpoint installé par le shogun au 17ème siècle afin de contrôler strictement les mouvements entre Kyoto (qui était alors la capitale) et Tokyo (qui s’appelait alors Edo), notamment les mouvements des familles de ses seigneurs, obligées d‘habiter Edo afin d’éviter tout complot. Une exposition très pédagogique y est installée.

Ashi Nous prenons ensuite un catamaran pour une petite croisière sur le lac Ashi, qui aurait pu être magnifique si le soleil avait été au rendez-vous. Nous apprenons qu’une partie de la région et de ses infrastructures appartient à la famille propriétaire du grand magasin Seibu, où nous avons fait des emplettes à Shibuya.

Soufre Nous débarquons à Kojiri et renonçons à une ballade en téléphérique compte tenu du temps. Nous nous dirigeons vers la région d’Owakudani, d’où s’échappe beaucoup de vapeur : ce sont des sources d’eau bouillante, qui témoignent de l’activité volcanique souterraine qui reste intense à proximité du Mont Fuji. L’eau sort chargée de soufre ; l’odeur n’est donc pas très agréable.

Nous déjeunons ensuite dans un restaurant de Hakone, où nous nous régalons de petits poissons panés.

Gorakadan Il est temps de rejoindre notre hôtel pour ce soir, Gora Kadan, l’un des “ryokans” (auberge traditionnelle japonaise) de Hakone, membre du réseau Relais et Châteaux. Gora Kadan, comme plusieurs autres établissements de la région, est installé sur une source chaude d’origine volcanique, ce qui lui permet de proposer un ”onsen”, ou bain chaud. C’est là que nous laissons définitivement Noriko, dont les services s’achèvent à la porte de l’hôtel. Nous la regretterons.

Chambre Gora Kadan est un magnifique hôtel traditionnel japonais construit à flanc de montagne. Le niveau par lequel on accède à l’hôtel constitue d’ailleurs en réalité son dernier étage. Il faut descendre pour accéder aux chambres. On nous conduit à notre chambre traditionnelle japonaise, meublée selon la coutume : tatami au sol, murs largement dépouillés, futons, panneaux coulissants. Notre chambre bénéficie en outre d’un petit jardin équipé de son bain chaud privé.

Gorakadan2 Masayo, la responsable des Guest Relations, nous explique les coutumes des lieux. On met à notre disposition des kimonos que nous pouvons porter pour nous déplacer dans l’hôtel. Elle nous explique comment le porter : côté gauche sur côté droit impérativement, car l’inverse ne se fait que sur les morts... et en nouant la ceinture sur le côté ou derrière. Elle nous dit en substance : “vous pouvez faire le nœud devant si vous voulez, mais vous aurez l’air ridicule”. Elle nous laisse entre les mains de Miki (みき), qui prendra soin de nous et nous servira nos repas jusqu’à notre départ.

Rendez-vous est pris à 19h pour le dîner qui, dans un “ryokan”, fait partie de la prestation. Il est normalement servi dans la chambre, mais on nous explique que, pour nous éviter de rester presque deux heures les jambes croisées, on nous servira le dîner dans un salon privé dans lequel il y a un trou sous la table, ce qui permet de s’y asseoir à l’occidentale.

Onsen_1 Nous essayons tout de suite notre bain chaud privé extérieur. Il pleut encore, mais il est protégé par un auvent. L’eau est chaude, très chaude, et nous ressentons des impressions de brûlure sur certaines parties du corps, mais le sentiment de confort s’installe très vite et nous prenons plaisir à l’expérience.

Nous décidons d’aller ensuite profiter de la piscine, que nous avons une fois de plus pour nous seuls. Elle est intérieure, mais donne sur un impressionnant jardin. Malheureusement, le jacuzzi, qui se trouve, lui, à l’extérieur, est hors service.

Gorakadan3 Nous tentons alors la grande aventure en allant prendre le bain chaud “public” de l’hôtel. Le protocole est très strict, et il faut consciencieusement se laver et se rincer avec d’entrer, nu, dans le bain chaud. “Seul un corps nu, parfaitement propre et sans trace de savon ou de shampooing, peut entrer dans un onsen”, nous a-t-on expliqué. Il y a deux bassins : l’un à l’intérieur et l’autre à l’extérieur, pavé de gros galets, en pleine nature. L’expérience est assez inoubliable. Il y a très peu d’autres baigneurs.

Le temps de nous remettre et il est l’heure du dîner. On nous escorte donc vers notre salon privé, où nous découvrons un long, très long menu. En réalité, les portions sont très petites, et nous arrivons au dessert sans problème. Le repas est généralement excellent, avec toutes sortes de choses goûteuses et magnifiques à regarder. La présentation semble aussi importante que le goût. Du coup, le plaisir des yeux est constant. Matsuo vient immortaliser le moment en prenant une photo, que l’on nous remet un peu plus tard encadrée.

Futons De retour dans notre chambre, nous bénéficions d’un massage shiatsu de 40 minutes qui nous laisse dans un état de total bien-être. Nous faisons un dernier passage dans notre bain chaud privé, et il est temps de goûter au sommeil, dont nous devinons qu’il va être profond...

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Jour 11 – Mercredi 17 mai

Hakone – Kyoto

Pdej C’est Miki qui nous réveille pour nous servir notre petit-déjeuner : nous avons en effet choisi de le prendre dans notre chambre, et non dans le salon privé où le dîner nous a été servi. À la surprise, semble-t-il, de Masayo, nous avons opté pour le petit-déjeuner japonais, qui se révèle excellent.

À l’heure convenue, une voiture nous attend pour nous conduire à la gare de Mishima, d’où nous devons prendre le Shinkansen pour Kyoto. Sur le quai, nous indiquons à notre chauffeur qu’il peut partir et que nous nous débrouillerons, mais il insiste pour rester jusqu’à l’arrivée du train. C’est le énième exemple de la qualité du service que l’on rencontre ici absolument partout. Il n’y a rien de forcé dans la volonté de nos interlocuteurs de fournir un service attentif et irréprochable ; seule semble compter la satisfaction du devoir accompli. Et c’est vrai même dans une grande ville comme Tokyo, où l’on pourrait s’attendre à ce que le souffle de la modernité ait balayé des coutumes suranées. On s’habitue malheureusement très vite à cette qualité de service. Pour cela aussi, le retour à Paris va être douloureux.

Shinkansen Le Shinkansen est paraît-il d’une ponctualité légendaire. Le nôtre, en effet, est parfaitement à l’heure. Nous nous installons dans la voiture numéro 8 qui est une “Green Car”, ce qui semble correspondre à la première classe. Notre train est un “super express” : il ne s’arrêtera qu’à deux gares intermédiaires avant d’arriver à Kyoto. Le contrôleur fait un petit salut en direction des voyageurs chaque fois qu’il franchit le seuil de la voiture dans un sens comme dans l’autre.

Westin À Kyoto, nous sommes accueillis sur le quai par Mieko, notre nouvelle guide. Elle nous accompagne à notre hôtel, le Westin Miyako, un immense bâtiment au bout de la ville, au pied de l’une des montagnes qui bordent Kyoto sur trois côtés. L’avantage de cette situation est que l’on bénéficie d’une vue panoramique très large sur Kyoto. Nous voyons arriver de multiples autocars qui déversent des flots de congressistes en goguette : l’hôtel accueille en effet un séminaire de la Pharmaceutical Society of Australia.

Au rez-de-chaussée de l’hôtel, nous trouvons un bar appelé le Mayfair. On y sert du thé à l’anglaise, avec des petits sandwichs, des scones et des pâtisseries. Les théières y sont même recouvertes d’un “bonnet” pour les garder au chaud ! Nous accompagnons nos thés d’une assiette de saumon et d’un assortiment de fromages.

Kyoto Malgré le temps épouvantable — il pleut beaucoup —, nous nous hasardons dans les rues de Kyoto pour une première reconnaissance. Si Tokyo est la ville de l’agitation et de la démesure verticale — on est partout entouré d’immeubles hauts tapissés d’enseignes —, Kyoto semble plus calme, plus discrète. Les bâtiments ne dépassent que rarement un ou deux niveaux. Difficile d’imaginer que, dans ces rues, se cachent 1600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires shintoïstes...

Nous partons en direction du “chemin de la philosophie”, un sentier paisible qui longe un ruisseau en reliant entre eux quelques temples. Nous tâtonnons un peu, mais nous nous sentons beaucoup moins intimidés que lors de nos premiers jours à Tokyo. Nous commençons à reconnaître quelques caractères japonais... et puis il y a assez souvent des cartes aux intersections.

Nous traversons des quartiers où des maisons d’aspect traditionnel jouxtent des résidences plus cossues et des temples. Partout, nous sommes frappés par un sens poussé de l’agencement et une sensibilité à l’harmonie des formes et des objets. Devant une maison, nous assistons à une scène entre deux mères de famille qui semble tout droit sortie du film Bonjour de Ozu.

PhilosophieNous trouvons le début du “chemin de la philosophie”, mais il pleut toujours beaucoup, le sol est boueux, et le jour commence à décliner. Nous rebroussons donc chemin. Enhardis par notre sens de l’orientation, nous prenons un chemin différent et revenons à bon port sans encombre.

Il est encore temps de prendre un verre à l’”Executive Club”. La musique qui est diffusée est le générique de la série Star Trek joué sur un instrument japonais ! Nous terminons la soirée en dînant d’un très bon assortiment de sushi dans l’un des trois (!) restaurants japonais de l’hôtel.

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Jour 12 – Jeudi 18 mai

Kyoto

Nous passons comme prévu la journée avec Mieko, notre guide locale. Elle nous explique que Kyoto n’a quasiment pas subi de bombardements lors de la seconde guerre mondiale, ce qui explique la préservation de bâtiments plus anciens qu’à Tokyo. Le dernier épisode de destruction important remonte à une guerre civile du 17ème siècle ; une partie des temples ont donc été reconstruits — souvent à l’identique — à cette époque. Mieko nous précise également que les règles d’urbanisme locales sont strictes quant à la hauteur des bâtiments. Le contraste que nous avions ressenti avec Tokyo est donc savamment entretenu.

Nijo Première étape : le château de Nijo, le palais construit au début du 17ème siècle par les premiers shoguns de la dynastie Tokugawa (dont la résidence principale était à Edo/Tokyo). Meiko nous y explique notamment comment les shoguns recevaient leurs seigneurs... à une certaine distance et avec des gardes du corps prêts à bondir à tout instant. La confiance régnait. Le palais est doté de “planchers rossignols”, munis de clous astucieusement positionnés pour émettre un petit bruit afin de trahir la présence éventuelle d’intrus. Quant au jardin, il est tout simplement somptueux.

Taizo Nous faisons ensuite, à notre demande (car nous l’avions repéré dans notre guide), une halte dans le jardin du temple Taizo-in, qui est un “temple secondaire” du temple Myoshin-ji. Que dire ? Si le jardin du château de Nijo était somptueux, celui-ci dépasse la description. Tout n’y est qu’harmonie et sérénité. À chaque pas, on découvre une perspective différente. À l’entrée, deux petits “jardins de cailloux” époustouflants (mais comment font les “jardiniers” pour ne laisser aucune trace ?). Meiko nous explique que le visiteur est libre de leur donner l’interprétation qu’il souhaite : îles sur l’océan, sommets montagneux dépassant des nuages...

Ryoan Puis nous nous rendons dans un autre temple secondaire du même temple Myoshin-ji : le temple Ryoan-ji, qui est doté d’un très étonnant “jardin de cailloux”, bien plus grand que ceux du temple précédent... et qui paraît éminemment propice à la méditation. Nous reconnaissons immédiatement le jardin dans lequel se rend Sylvie Testud dans le film Stupeur et tremblements d’Alain Corneau. Il semble y avoir plusieurs interprétations quant à la “signification” de ce jardin : c’est finalement à celui qui se recueille de la trouver en lui-même. On nous explique notamment qu’il est impossible de voir les quinze rochers du jardin d’un seul point de vue, traduction d’un principe bouddhiste selon lequel la perfection n’existe pas.

Pdor Nous terminons la matinée au Pavillon d’or, ou temple Rokuon-ji, dont le nom n’évoquait jusqu’à présent pour moi qu’un livre que je n’ai jamais pu terminer. Placé sur un étang, au milieu d’un très joli jardin, le Pavillon d’or a dû être reconstruit après un incendie volontaire en 1950. Il constitue une vision étonnante. Il ne se visite évidemment pas compte tenu de la quantité d’or qui le recouvre à l’extérieur comme à l’intérieur. Quelques photos placées sur le parcours permettent néanmoins de se faire une idée.

Il est temps de déjeuner. Je suis tout content d’arriver à déchiffrer la moitié du nom du restaurant (と, qui se lit “to”) car j’avais repéré le caractère correspondant dans le titre du magazine du Shinkansen. Nous mangeons des tempura et des nouilles “soba” au sarrasin.

Sanjusan Après quelques courses, nous démarrons l’après-midi par une visite du temple Sanjusangen-do, dont le nom signifie littéralement “temple aux 33 colonnes”. Son nom commence en effet par 三十三, qui est bien la transcription en kanji de 33. Les trois premiers chiffres kanji sont faciles : 一 (“iti”) pour 1, 二 (“ni”) pour 2 et 三 (“san”) pour 3. Dix s’écrit 十 (“ju”). La composition se fait ensuite dans un sens naturel : ainsi, onze s’écrit 十一 (“ju iti”), vingt et un, 二十一 (“ni ju iti”) et... donc... trente-trois, 三十三 (“san ju san”), ce qui nous ramène au nom de notre temple.

Le bâtiment que l’on visite date du 13ème siècle. Ce n’est pas le temple d’origine, qui a été détruit, mais le bâtiment a remarquablement bien traversé les âges. Il abrite mille-et-une effigies de Kannon, la divinité bouddhiste de la miséricorde, que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois sur notre chemin. La vision de cet alignement de dix rangées de cent statues presque identiques est saisissante.

Kyomizu Nous poursuivons notre périple par le temple Kiyomizu-dera, dont le nom renvoie à la pureté de la source qui y coule. Il est construit à flanc de montagne et ses deux immenses terrasses sont soutenues par un enchevêtrement de poutres qui tient sans l’aide du moindre clou. La vue sur Kyoto est magnifique. Mieko nous explique qu’en japonais, on dit que l’on “se jette du Kiyomizu” pour signifier que l’on prend une décision importante, un peu comme on dit que l’on “se jette à l’eau” en français. Elle nous raconte qu’il y a trois jours, des visiteurs ont pris l’expression un peu trop littéralement et se sont suicidés en sautant de la terrasse sur laquelle nous nous trouvons...

Heian Nous terminons notre périple par le plus grand sanctuaire shintoïste de Kyoto, Heian, de construction relativement récente, et qui est aussi doté de la plus grande porte torii du Japon.

Il est temps de revenir à l’hôtel pour savourer un savoureux afternoon tea.

Hotel Notre hôtel est plein de surprises : une sortie au septième étage (le bâtiment est adossé à une colline) donne à l’arrière sur une série de bâtiments de style japonais — dont certains sont destinés à être loués aux clients de l’hôtel —, un petit jardin discret muni d’une chute d’eau et un “jardin de cailloux” évoquant une bouteille et un verre de sake. Par ailleurs, un chemin balisé permet de monter progressivement jusqu’au sommet de la colline, bien au-dessus du toit de l’hôtel, afin de profiter d’un superbe panorama sur Kyoto tout en admirant les nombreuses essences d’arbres et les nombreuses espèces d’oiseaux présentes sur les lieux.

Pour le dîner, nous choisissons l’un des trois restaurants japonais de l’hôtel pour y déguster un shabu-shabu, dont nous nous étions déjà régalé à Tokyo.

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Jour 13 – Vendredi 19 mai

Kyoto – Nara – Kyoto

Nous retrouvons Mieko pour une journée consacrée essentiellement à la visite de Nara, qui se trouve à un peu plus d’une heure de route de Kyoto.

Chionin Avant de quitter Kyoto, nous nous arrêtons brièvement devant Chion-in, le temple bouddhiste doté de la porte la plus monumentale de tout le Japon. Nous passons également dans quelques ruelles de Gion, un quartier ancien préservé de Kyoto.

Byodoin À mi-chemin de Kyoto et de Nara, dans la ville d’Uji, nous visitons le temple Byodo-in. Nous pensions que notre capacité d’émerveillement allait s’émousser progressivement, mais il n’en est rien. Ce temple, situé sur un lac, est placé sous le signe du phénix, qui donne d’ailleurs aussi au bâtiment sa forme générale : temple central, deux ailes, une “queue”. L’ensemble dégage une impression d’harmonie suprême. Y réside un bouddha entouré de divinités placées sur des petits nuages. Un dessin du temple figure sur les pièces de 10 yens.

Hoshokan Un musée (Hoshokan) a été construit à proximité. Il est hébergé dans un bâtiment à l’architecture superbe, conçu par Akira Kuryu, dont le style rappelle beaucoup celui de Yoshio Taniguchi, l’artisan de la réfection du MoMA à New York. On y découvre des objets prélevés dans le temple ainsi qu’une reconstitution en images de synthèse de la décoration originelle intérieure du bâtiment.

Todaiji Nous poursuivons notre route pour Nara, où notre première étape est le Todai-ji, un somptueux temple bouddhiste qui parvient encore à nous couper le souffle. Le bâtiment principal en bois, reconstruit au 17ème siècle, abrite un Bouddha en bronze de 15 mètres de haut, datant du 8ème siècle. Il est flanqué de deux divinités, dont l’une est Kannon, que nous rencontrons dans quasiment tous les temples bouddhistes que nous visitons. Une cérémonie a eu lieu il y a deux jours : on peut encore voir des décorations ici et là. Aux abords du temple, de nombreux daims en liberté font le bonheur des visiteurs, surtout des enfants.

Nous déjeunons dans un restaurant japonais, de sushi, tempura et nouilles. J’en profite pour reposer quelques questions à Mieko sur des Do caractères kanji souvent rencontrés lors de nos visites. Ainsi, 堂 (“do”) signifie hall (nous parlons en anglais...) Nous avons vu ce caractère, par exemple, sur des panneaux indiquant l’entrée d’un temple : 入堂囗. Ou encore dans le nom du temple visité hier à Kyoto : 三十三間堂 (“Sanjusangen-do”), où le quatrième caractère, prononcé “gen”, signifie “entre” — il s’agit en l’occurrence du temple avec 33 espaces entre les colonnes. Le caractère 間 est l’un des dérivés de la racine 門 (“mon”), qui signifie “porte”. 

Maison Nous visitons ensuite une maison traditionnelle de marchand, dont Mieko nous explique les principales caractéristiques : façade très étroite car elle constituait l’assiette de calcul des impôts locaux, plan tout en profondeur autour d’un jardin intérieur permettant de laisser passer la lumière du soleil, étage pour loger les employés, bâtiment séparé aux murs épais pour le stockage des marchandises,... Nous reconnaissons plusieurs caractéristiques de notre ryokan de Hakone.

Après un bref arrêt au temple Kofuko-ji, destiné principalement à photographier sa pagode de quatre étages, nous nous dirigeons vers le sanctuaire shintoïste Kasuga Kasuga. Environ 3000 lanternes de pierre et de bronze, représentant des dons des familles de la région, se situent aux abord du sanctuaire. Deux fois par an, elles sont toutes allumées. Il paraît que c’est une vision inoubliable.

De retour à Kyoto, nous passons quelques instants dans un magasin d’artisanat local avant de regagner l’hôtel. Pour changer, nous dînons dans le restaurant “international”, qui propose pendant le mois de mai un buffet d’inspiration italienne (sans pâtes ni pizza ni caprese).

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Jour 14 – Samedi 20 mai

Kyoto

Quand nous nous levons, il pleut. Beaucoup. Nous pensons que notre dernière journée à Kyoto, pour laquelle nous n’avons pas de guide, va manquer singulièrement d’attrait. Mais, en fin de matinée, la pluie semble vouloir s’arrêter, et une éclaircie pointe son nez au-dessus des montagnes. Du coup, nous décidons de hasarder une sortie. Après cinq minutes, il recommence à pleuvoir. Nous achetons deux parapluies... et la pluie s’arrête à ce moment précis. Définitivement. La journée sera magnifique, ensoleillée. Les parapluies pourront toujours servir d’ombrelles...

SanmonPremière étape : le temple Nanzen-ji. Il est remarquable par sa porte monumentale, la Sanmon, construite au 17ème siècle. On peut monter au deuxième niveau, d’où l’on découvre une assez belle vue sur la ville... et sur notre hôtel. Nous comprenons enfin quel est ce bâtiment en bois que nous apercevions depuis l’“Executive Club”. Le temple est également traversé par un aqueduc, une curiosité historique de l’époque Meiji.

TenjuanL’un des temples secondaires du Nanzen-ji, le Tenju-an, possède un “jardin de cailloux” raffiné et un jardin époustouflant organisé autour d’un petit étang, conçu pour l’essentiel au 14ème siècle. À chaque pas, on découvre une perspective différente. Quelle que soit l’échelle à laquelle on regarde, du simple détail au panorama d’ensemble, l’impression d’harmonie est remarquable.

Eikando_1À deux pas, le temple Eikando Jenrin-zi réserve d’autres surprises. Il est constitué d’un ensemble de bâtiments reliés par des ponts et passerelles enjambant un jardin luxuriant. Dans le bâtiment principal, un Bouddha regardant par-dessus son épaule. Nous déambulons longuement, apparemment incapables de nous lasser de tant de beauté.

Philosophie_1Nous parcourons ensuite le “chemin de la philosophie”, un sentier paisible longeant un canal. Nous ne sommes pas seuls, en ce samedi ensoleillé. Nous remarquons des moules d’eau douce au fond du canal... Nous passons plusieurs entrées de temples et de sanctuaires, ainsi que des échoppes de toute sorte, dont certaines ont des enseignes du type “tea & cake” ou “coffee & cake”.

GinkakuGinkaku2Au bout du chemin, le temple Ginkaku-ji, surnommé le Pavillon d’argent — bien qu’il soit en bois. On entre par une impressionnante allée bordée de haies de pierre, bambous et camélias. À l’intérieur, deux jardins bordent le pavillon : d’un côté, un étonnant océan de sable blanc orné d’un édifice en forme de cone tronqué ; de l’autre, un jardin végétal magnifique organisé autour d’un étang dans lequel se reflète le pavillon. Nous nous disons que nous terminons en beauté notre visite de Kyoto, que nous quittons demain.

Vue_1Il est temps de rentrer à l’hôtel pour nous restaurer un peu et profiter pour la dernière fois de la piscine... que nous avons encore quasiment pour nous seuls... Le temps est plus clair : la vue depuis l’“Executive Club” est superbe. Nous dînons de sushi dans l’un des restaurants de l’hôtel. Il faut se coucher tôt car il va falloir se lever tôt demain.

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Jour 15 – Dimanche 21 mai

Kyoto – Pamalican

Lever matinal car il nous faut rejoindre l’aéroport de Kansai (KIX), qui est techniquement plus l’aéroport d’Osaka que celui de Kyoto. Il se situe à environ 50 km au sud d’Osaka. Après un dernier petit-déjeuner à l‘“Executive Club”, nous retrouvons le chauffeur qui nous a déjà accompagnés lors de nos deux journées de visite guidée. Il faut environ une heure et quarante-cinq minutes pour rejoindre l’aéroport, qui est une création de l’architecte Renzo Piano.

Nous voyageons sur Thai Airways, qui propose un vol quotidien entre Kansai et Bangkok, avec escale à Manille, notre destination. Notre appareil est un Boeing 777. Il n’y a pas grand monde dans la cabine de la classe affaires, très joliment décorée dans des tons de mauve, la couleur de la compagnie. Nous bénéficions une fois encore d’un service souriant et efficace, et nous nous régalons d’un très bon déjeuner.

Arrivés à Manille, nous nous rendons compte tout de suite que la température n’est plus celle de Kyoto. Il nous faut patienter plus d’une demi-heure dans la file d’attente du contrôle d’immigration car plusieurs vols, dont un en provenance de Barhein, sont arrivés simultanément. Les bagages nous attendent sagement, et le passage de la douane se fait en quelques instants.

Le représentant d’Amanpulo nous attend à la sortie. Une voiture nous emmène dans le hangar de la compagnie Island Aviation, qui assure les vols entre Manille et l’île de Pamalican, où se trouve Amanpulo. Nous apercevons quelques scènes de la vie de Manille. On se croirait un peu en Amérique du sud (enfin, pour ce qu’on en voit dans les magazines).

Amanpulo a aménagé un salon d’attente très élégant dans le hangar. On nous y sert sandwichs et boissons tandis que nos bagages sont pesés en préparation du vol. À l’heure dite, nous décollons à bord d’un Dornier 228 Vol1 (19 voyageurs maximum, plus les deux pilotes) en direction de Pamalican. Dans l’avion nous attendent : une bouteille d’eau, une couverture, des bouchons d’oreille bien utiles compte tenu du vacarme ambiant... et un guide très complet sur les Philippines en général, Amanpulo en particulier, ainsi que la description des sites survolés pendant le vol d’un peu plus d’une heure.

Vol2 Le vol est sans histoire. Les paysages survolés nous donnent un avant-goût de ce qui nous attend. Puis nous voyons l’île de Pamalican, reconnaissable à sa forme tout en longueur, et surtout à sa piste d’atterrissage, qui dessine une bande rectangulaire très particulière. Nous atterrissons sur la piste en graviers... et nous sommes accueillis, sur un tapis rouge, par le directeur du “resort” et par une “Guest Assistant”, Val, qui nous propose d’emblée un tour de l’île sur la voiture de golf qui sera mise à notre disposition pendant notre séjour. Elle nous met un collier autour du cou. Nous avons l’impression de débarquer dans Fantasy Island. Mais où donc est Ricardo Montalban ?

Val nous montre le “Beach Club”, qui permet aux résidents sans accès direct à la mer de disposer d’une plage, et où il est possible de prendre ses repas. Nous passons, sans nous y arrêter, devant le “Club House”, où se situe une piscine, le restaurant principal du “resort”, ainsi que la bibliothèque et les boutiques. On nous montre aussi où se trouvent les courts de tennis, la salle de gym, le spa... avant de nous conduire à notre “Beach Casita”, qui porte le numéro 26.

Casita Nous avons beau nous être préparés, nous ne nous attendions pas vraiment à ce que nous découvrons. La Casita est très spacieuse. Elle est en forme de carré divisé en deux selon une diagonale. D’un côté, la chambre, qui sert aussi de bureau, dont deux murs sont couverts de gigantesques baies vitrées donnant sur notre terrasse privée, la végétation environnante et notre accès privé à la plage. De l’autre, une très grande salle de bains, avec notamment une baignoire entourée de fenêtres donnant sur la végétation environnante. Une bouteille de champagne et quelques canapés nous attendent, ainsi qu’une coupe de fruits.

Plage Nous décidons d’aller faire un tour rapide à la plage. Au bout de notre chemin privé, nous disposons de deux transats réservés à notre usage. Le sable ressemble un peu à du sucre en poudre. La mer est belle, transparente, pure... et vraiment très salée ! Nous remarquons que nous y flottons très facilement.

Mais il est temps de faire un brin de toilette pour notre premier dîner. Nous trouvons devant notre Casita les deux bicyclettes que nous avons demandées. La nuit est tombée très vite, et le “resort” est très peu éclairé le soir. C’est donc un peu à l’aveuglette que nous rejoignons le “Beach Club”. Dans l’obscurité, nous ne voyons pas que nos vélos ont des selles réglables, et nous avons un peu l’impression d’être sur des engins beaucoup trop petits pour nous...

Pour le dîner, on nous sert un délicieux poisson local à chair blanche, le lapu-lapu (un mérou), en écoutant le son de la mer. Nous voyons opérer la barge qui assure le ravitaillement de l’île pour tout ce qui ne peut pas être acheminé par avion, notamment les substance inflammables.

Au retour à notre Casita, nous croisons l’équipe de quatre (!) employés venue préparer la chambre pour la nuit. Nous remettons au lendemain le choix des activités proposées par l’hôtel. De toute façon, nous sommes là pour ne rien faire...

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Jour 16 – Lundi 22 mai

Pamalican (Amanpulo)

Paradis_1 Première journée au paradis. Nous nous promenons dans l’île avec notre voiture de golf. Chaque fois que nous croisons des employés, ils nous font un grand sourire en nous faisant coucou de la main. Nous paressons, lisons, dormons, nageons, ...

Clubhouse Nous prenons nos repas au “Club House”, où nous ne croisons quasiment personne. Nous avons un peu l’impression que toute l’île nous appartient. Les employés semblent tous connaître nos noms. Nous n’avons jamais besoin de donner notre numéro de Casita. Un “Guest Assistant” nous aide à composer le programme du séjour, mais nous nous en tenons aux activités prévues dans notre forfait : le luxe de ne rien faire a trop de valeur pour ne pas en profiter.

Point fort de la journée : le massage “Island Indulgence”, dans la Casita n°32, reconvertie en spa. Pendant deux heures et demie, nous nous en remettons à nos deux masseuses. Exfoliation à la noix de coco, enveloppements à la cannelle et au gingembre, massage, soins du visage.

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Jour 17 – Mardi 23 mai

Pamalican (Amanpulo)

Pool Deuxième journée au paradis. Nous passons une bonne partie de la matinée au bord de la piscine, sur un gigantesque lit protégé du soleil par un toit. On vient régulièrement nous servir de l’eau. Je prends grand soin de me protéger du soleil et des “mouches des sables”, le seul insecte de l’île susceptible de piquer... mais je réussis à me brûler légèrement la plante des pieds en marchant sur la pierre brûlante qui entoure la piscine. Heureusement, l’hôtel est bien équipé en drogues de toutes sortes pour calmer les brûlures.

Bird Nous ne nous lassons pas d’écouter les curieux chants des oiseaux exotiques qui semblent heureux de vivre dans la végétation de l’île. Nous voyons quelques spécimens se promener aux abords de notre Casita. Le seul autre animal que nous voyons est le lézard. Nous en voyons de toutes tailles, y compris un particulièrement costaud un jour sur notre terrasse.

On nous explique que seules quinze Casitas sont occupées, ce qui explique que nous ne voyions pas grand monde. En outre, certains préfèrent se faire servir leurs repas sans se déplacer au “Club House”.

Beach Point fort de la journée : le barbecue sur notre plage privée. À l’heure dite, après le coucher du soleil, nous rejoignons notre plage privée où deux employés nous attendent. Sur la plage, ils ont dressé un bûcher, qu’ils allument aussitôt, et creusé plusieurs trous dans le sable au fond desquels ils ont placé des bougies. C’est tout simplement magique. La table est impeccablement dressée. Nous prenons place (nos chaises s’enfoncent de plusieurs centimètres lorsque nous nous asseyons) et dégustons le menu que nous avions sélectionné : salades, grillades préparées au barbecue devant nous par notre chef privé (gambas, poulet, lapu-lapu et homard), nasi goreng (riz à l’indonésienne) et petites pommes de terre nouvelles... pour finir par une assiette de fruits frais.

Après le repas, nous prenons place sur les deux matelas que nos serveurs ont disposé à même le sable, entourés de deux lanternes et de bougies. Nous pouvons digérer en observant les nombreuses étoiles qui sont parfaitement visibles compte tenu du peu de lumière autour de nous.

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Jour 18 – Mercredi 24 mai

Pamalican (Amanpulo)

FrontTroisième journée au paradis. Il y a eu un peu d’orage pendant la nuit. Des employés ont placé des serviettes dans la voiture de golf pour nous éviter d’avoir à nous asseoir sur un siège humide.

Poolside Nous passons encore la matinée au bord de la piscine et déjeunons au Club House. “Bonjour, je m’appelle Mafalda.” Nous n’avons pas vu venir la dame qui vient nous saluer avec le sourire. Elle parle un français impeccable et se présente comme la directrice des ventes de l’hôtel et, accessoirement, comme la femme du directeur. Comme à peu près tous ceux que nous croisons depuis notre arrivée, elle nous demande si tout se passe bien et nous dit de ne pas hésiter à la contacter si nous avons besoin de quoi que ce soit. Quelques instants plus tard, son mari nous dit la même chose. Il est accompagné de son chien Zulu.

Casita_2 Nous partageons notre après-midi entre la Casita et la plage. Je termine The Amber Spyglass, le troisième volume de la trilogie His Dark Materials de Philip Pullman, dont j’ai dévoré les 550 pages en trois jours...

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Jour 19 – Jeudi 25 mai

Pamalican (Amanpulo)

ParadisQuatrième et dernier jour au paradis. Nous nous adonnons à notre routine : piscine, plage,... Je lis un petit roman, presque une grosse nouvelle, Le Petit Bleu de la côte ouest, de J.-P. Manchette. Le style est assez plaisant, sauf lorsqu’il verse sans raison évidente dans une certaine vulgarité.

Sunset_1 Point fort de la journée : à 17h30, un bateau vient nous chercher sur la plage devant notre Casita pour une croisière d’une heure pendant que le soleil se couche (à 18h13 précises, paraît-il). Un guitariste nous donne la sérénade pendant que nous sirotons nos cocktails en dégustant quelques canapés ; nous ne pouvons pas nous arrêter de photographier le soleil et la mer en train de se parer de mille couleurs.

Un petit film (format avi).

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Jour 20 – Vendredi 26 mai

Pamalican – Hong-Kong

Paradis_2 Nous nous sentons un peu chassés du jardin d’Eden, mais il faut bien reprendre le chemin de la civilisation... Sachant que notre correspondance à Manille serait extrêmement serrée, les employés de l’hôtel ont fait en sorte que l’avion de Pamalican à Manille parte une vingtaine de minutes plus tôt que prévu. Nous prenons notre dernier petit-déjeuner avec un dernier jus de calamansi, un citron vert local, avant d’être conduits à l’avion dans une voiture de golf.

Vue_3Vue2 Mafalda, la femme du directeur du “resort”, fait partie des huit passagers à bord du Dornier 228. Elle est portugaise, comme son mari. Elle nous raconte un peu sa vie et nous vante les mérites d’Amanjena, l’hôtel de Marrakech dont son mari a été directeur avant de venir à Amanpulo. Je regarde défiler les paysages et je me prends pour Yann Arthus-Bertrand.

Arrivés à Manille, nous sommes rapidement dirigés vers une voiture qui n’attend que nous et nos bagages. Nous allons de l’aéroport à l’aéroport, mais par l’extérieur. La circulation est dense, et l’aéroport est sous haute surveillance : contrôle des voitures (la nôtre est accréditée et bénéficie d’une file réservée), contrôle des bagages dès l’entrée dans l’aérogare, dont l’accès est strictement réservé aux voyageurs. L’enregistrement au comptoir Cathay Pacific pour notre vol CX900 à destination de Hong-Kong se fait sans souci, mais il faut encore payer la taxe d’aéroport, faire la queue à l’immigration dans une chaleur accablante puis repasser un filtre de sécurité. Nous parvenons à la porte alors que l’embarquement a commencé ; nous ne verrons donc pas à quoi ressemble le salon Cathay de Manille.

Le vol est court — 1h30 — et nous retrouvons nos places 86H et 86K sur le pont supérieur du Boeing 747. Le personnel a le temps de nous servir un déjeuner excellent. Il y a longtemps que je n’ai pas mangé du bœuf aussi bon dans un avion. Air France devrait en prendre de la graine. L’arrivée à Hong-Kong est un rêve : notre hôtel, le Landmark Mandarin Oriental, a dépêché une charmante jeune-fille qui nous attend à la sortie de l’avion. Elle nous propose de nous installer dans une petite voiture électrique qui nous conduit rapidement à l’immigration. Là, privilège inespéré, elle nous dirige vers une file prioritaire marquée “courtesy channel”, qui nous permet de passer devant une bonne centaine de passagers en train de faire la queue. Nous arrivons bien entendu les premiers au tapis de livraison des bagages, qui se met en route à cet instant précis. Nos bagages sont parmi les premiers sortis. Vingt-cinq minutes après que l’avion a posé les roues sur la piste, nous sommes installés dans la voiture à destination de l’hôtel.

LandmarkmoL600cL600b_2L600a_2 Nous découvrons notre hôtel, le Landmark Mandarin Oriental, le dernier fleuron de la chaîne hôtelière. Situé au cœur du quartier de Central, sur l’île de Hong-Kong, il est privé de vue sur la baie. Mais c’est un petit bijou de design contemporain parfaitement maîtrisé. Notre chambre — de type L600 dans la terminologie de l’hôtel — est située dans un coin du bâtiment au douzième étage. La salle de bain, séparée de la chambre par un mur en quart de cercle, occupe le coin lui-même et est dotée d’une baignoire circulaire spectaculaire. Le reste de la chambre, de part et d’autre de la salle bain, se divise naturellement en une zone salon et une zone chambre. Tous les raffinements technologiques sont présents : réseau Internet sans fil, branchements pour écouter un lecteur MP3 sur les hauts-parleurs de la chambre, etc.

Nous décidons de partir à la découverte du superbe spa de l’hôtel. Du côté des hommes, il y a quatre saunas et hammams, ainsi qu’une “vitality pool”, une sorte de jacuzzi géant. Le tout dans un décor somptueux. Nous nous délectons de l’excellent hammam à l’eucalyptus avant de prendre une douche glacée (alimentée par un tas de glace), puis nous nous reposons dans la salle de relaxation, plongée dans une demi-pénombre.

Central1Nous pensions aller prendre un verre au MO Bar, le bar de l’hôtel, mais nous changeons vite d’avis lorsque nous entendons le volume sonore dès la sortie de l’ascenseur, bien avant d’approcher l’entrée. Central2_1 De toute évidence, le MO Bar cherche à se positionner comme le bar où “l’on” (les expatriés surtout, apparemment) se retrouve le soir après le travail dans une ambiance... assourdissante. On se croirait un peu à Londres un vendredi soir, lorsque les pubs se remplissent d’hommes en costume et au goût immodéré pour la bière. Du coup, nous sortons dans Central et nous promenons un peu dans la ville survoltée du vendredi soir. Central3 Hong-Kong est pleine de contrastes : on a beau être au milieu des gratte-ciel de l’un des centres mondiaux de la finance, on s’étonne de trouver de temps en temps à un coin de rue une impasse dotée d’un marché de bric et de broc aux stands brimbalants. Nous nous perdons un peu dans le labyrinthe des centres commerciaux et des passages qui enjambent la rue pour fluidifier la circulation des piétons. Nous prenons un verre au Landmark Café, au cœur du centre commercial qui jouxte l’hôtel.

DinerNous dînons pour moins de 10 euros dans un établissement qui ressemble beaucoup à un diner new-yorkais, et où l’on sert une quantité impressionnante de plats à base de riz, de nouilles, etc. Il ne semble pas y avoir beaucoup d’occidentaux.

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Jour 21 – Samedi 27 mai

Hong-Kong

Dernière journée à Hong-Kong. Notre vol de retour est à minuit ; nous avons donc toute la journée pour un dernier tour de la ville. Nous découvrons avec étonnement que l’hôtel ne propose qu’un petit-déjeuner “continental” (une expression qui paraît toujours étonnante loin d’Europe), sauf à passer par le service en chambre.

Bambous En fin de matinée, nous partons nous promener dans le quartier de Central. Nous sommes encore un fois frappés par ces échaufaudages en bambous que l’on voit un peu partout.

Escalators Nous décidons d’emprunter les fameux escaliers mécaniques qui permettent aux habitants du quartier de Mid-Levels, situé à flanc de colline, de faire le trajet entre leur domicile et leur bureau, si bien entendu ils travaillent à Central ou à Kowloon. Cette succession d’escaliers mécaniques est une vraie curiosité ; il paraît que c’est la plus longue du monde. Les escaliers Enseignes fonctionnent dans le sens de la descente jusqu’à 10 heures du matin, puis leur sens s’inverse. Nous constatons avec une certaine fierté qu’ils sont de fabrication française. En chemin, nous traversons toutes sortes de quartiers pittoresques et de rues aux enseignes nombreuses.

Descente Nous décidons de redescendre par un chemin différent longeant le parc zoologique, et nous nous retrouvons dans un étonnant méandre de ponts piétonniers perchés sur d’immenses piliers en béton. Il fait chaud et lourd, très lourd, mais la promenade est plaisante.

Après un snack au Café Landmark, nous passons un bon moment au HMV local, très bien achalandé, et qui propose des prix promotionnels étonnants sur une sélection de CD et de DVD.

Koalas Nous avons la chance de pouvoir garder notre chambre d’hôtel jusqu’à 18h, ce qui nous permet de nous détendre et de nous rafraîchir un peu. Puis, l’un de nous profite une dernière fois du spa de l’hôtel tandis que l’autre va prendre quelques photos de la ville.

Nous libérons notre chambre. Nouvelle pause au Café Landmark, puis nous nous dirigeons vers le terminal de la légendaire compagnie “Star Ferry”, qui propose des croisières d’une heure dans le port de Hong-Kong sur le “Shining Star”. Nous voici donc partis pour un dernier tour du port, tandis que les gratte-ciel s’illuminent.Lights_2 À 20h débute la “Symphony of Lights”, le spectacle son et lumière que nous avons vu plusieurs fois lors de notre premier passage. Le bateau s’immobilise au milieu du port ; la bande son du spectacle est diffusée sur le pont ; le point de vue simultané sur les deux rives est imbattable. Nous avons le sentiment d’avoir bouclé la boucle.

Retour à l’hôtel où nous attend notre voiture pour l’aéroport.

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Jour 22 – Dimanche 28 mai

Hong-Kong – Paris

Le vol CX 261 nous ramène sans histoire à Charles de Gaulle. Nous retrouvons nos sièges 86H et 86K sur le pont supérieur du Boeing 747 et la qualité du service Cathay Pacific. L’horaire du vol — il décolle à minuit — est idéal pour dormir et se préparer à s’acclimater au décalage horaire, ce qui n’est jamais très difficile lorsqu’on voyage vers l’ouest.

L’une des hôtesses est japonaise et nous parle de Kyoto, où habite sa sœur. Elle nous dit que nous devons y retourner en automne, lorsque les arbres jaunissent, et qu’il nous faut visiter l’île de Kyushu. Nous avons terriblement envie de repartir.

Nous retrouvons Paris, sa fraîcheur... et son calme relatif — c’est le week-end de l’Ascension. La boucle est bouclée.

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